La montée du CPC [cours de philosophie et citoyenneté, “dispense” sur le graphique] redistribue les cartes. Ainsi, en primaire, la morale a perdu près de la moitié de marques d’intérêt en dix ans (de 36 à 19 % entre 2014 et 2025). En parallèle, la religion catholique passe de 39 % à 30 % de l’offre en une décennie, tout en restant le premier choix des familles. Derrière, le CPC (23,5 %) et la religion islamique (près de 24 %) talonnent désormais les deux cours historiques. « Au début, certains ont dénoncé une mise en avant de la dispense par les directions d’école », indique Fabrice Ligny, ancien professeur de religion qui donne désormais le CPC. « De manière directe ou indirecte, il y avait des façons d’orienter les choix. Aujourd’hui, les retours sont plus rares. »
Le passage du primaire au secondaire s’accompagne d’un désintérêt brusque pour les traditions judéo-chrétiennes, avec une chute de moitié (de 30 % en primaire en 2025 à 15 % en secondaire en 2025). En secondaire toujours, le leadership des cours philosophiques reste dans les mains des professeurs de morale mais en baisse constante : 53,5 % des choix en 2016 pour 29,5 % aujourd’hui. Dans le même temps, la religion islamique prend peu à peu une place prépondérante dans le paysage des cours philosophiques : alors qu’elle pesait un élève sur cinq (20 %) lors du lancement du CPC en 2017, elle est désormais choisie par près de 27 % des familles.





