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Au nord de Nantes, où le trafic de drogue est enkysté depuis des années, les habitants croisent quotidiennement des dealers, assis sur des chaises, au pied des tours. Dans ce quartier, les commerces ferment les uns après les autres. Des riverains, apeurés ou fatigués, voudraient déménager. Une femme, qui vit là depuis quarante ans et refuse de perdre espoir, raconte.

Monique* vit depuis quarante ans dans les quartiers nord de Nantes, que les élus appellent plus volontiers Nantes-Nord afin d’éviter le parallèle avec les quartiers nord de Marseille. (…) C’est dans d’autres quartiers à Bellevue, à Malakoff ou aux Dervallières que les balles ont sifflé – et tué – ces derniers mois. Ne pas se méprendre cependant : un quartier silencieux n’est pas un quartier où il ne se passe rien.

“Depuis quatre ans, la situation s’est vraiment dégradée”, observe cette femme aux propos mesurés. Les tout premiers dealers, elle les a vus arriver. Ils se sont depuis démultipliés. En 1986, se souvient-elle, il n’y avait encore ni tramway ni médiathèque mais l’on trouvait ici une vraie mixité, y compris au niveau des commerces, qui étaient alors nombreux. (…)

La pharmacie est restée. Mais de nombreux rideaux de fer ont depuis longtemps été tirés. “Ils ont fermé petit à petit”, a observé Monique. “La boulangerie, devant laquelle trois ou quatre charbonneurs étaient installés du matin au soir, a fermé en fin d’année dernière. Ils (les dealers) étaient clairement chez eux. Ils faisaient leur loi. Pour se réchauffer cet hiver, ils faisaient même des feux de camp au bord de la route”.

Il y a quelques mois, alors qu’ils rentraient chez eux en voiture, Monique et son mari ont dû attendre un long moment au milieu de la route. “Des hommes dans des voitures avaient décidé de s’arrêter là, pour discuter. Ça a duré. On ne pouvait pas passer. Mon mari avait envie de leur dire ce qu’il en pensait mais je lui ai rappelé que dans ces moments-là, il vaut mieux éviter de dire quoi que ce soit.”

* prénom d’emprunt

Presse Océan

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