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Le 19 novembre dernier, le jeune Thomas Perotto a été tué d’un coup de couteau alors qu’il se trouvait au bal d’hiver de Crépol avec son frère aîné et ses amis. Un mois après, la colère et la tristesse sont toujours là.


À Crépol, rien n’a changé. L’église Saint-Étienne trône toujours sur la place principale, où un peu plus loin se trouvent la boucherie, le bar-tabac et, en face, de l’autre côté de la route, la jolie petite mairie. Et pourtant, dans ce village de la Drôme des collines où vivent environ 530 âmes, tout a changé, depuis le 19 novembre dernier.  Depuis que Thomas Perotto, lycéen de 16 ans, l’enfant du village d’à côté, Le Chalon, a trouvé la mort, poignardé d’un coup de couteau, alors qu’il se trouvait au bal d’hiver avec son frère aîné et ses amis du club de rugby, le RC Romanais-Péageois.

La salle des fêtes, encore sous scellés pour les besoins de l’enquête, accueille devant la porte d’entrée quelques roses et bougies placées en forme de cœur.

« On ne sait toujours pas qui a tué Thomas »

Ici, on oscille encore entre tristesse, colère et amertume. Les mâchoires ont du mal à se desserrer. Thierry, qui a ses habitudes au bar-tabac, marque un temps de silence pour trouver ses mots. « C’est triste. Un mois et on ne sait toujours pas qui est l’auteur du coup mortel, on a l’impression que l’enquête n’avance pas. Parmi les personnes mises en examen, quatre ont demandé à sortir. Heureusement qu’[elles] ne sont pas sorti[e]s. De toute façon, en France, la justice est trop laxiste ».

« Une statue en bronze à l’effigie de Thomas »

Martine Lagut est là, elle reçoit tout le monde avec le plus d’attention possible. Digne et debout depuis le jour du drame. Elle qui était réticente à l’idée d’organiser un bal dans sa commune, est toute en retenue. « C’est vrai, j’ai émis des réserves lors du dernier conseil municipal parce que je connais les risques mais je n’en veux à personne. On ne va pas ressasser ce qui est passé. Aujourd’hui, je souhaite que le village retrouve sa sérénité, même les parents de Thomas le disent, il faut que la vie reprenne le dessus, surtout pour tous ces jeunes qui étaient au bal. » Que la vie reprenne oui mais qu’on oublie Thomas, non. « Quand Laurent Wauquiez, le président de la Région [Auvergne-Rhône-Alpes] est venu, on a évoqué l’idée d’ériger une stèle ou une statue en bronze à l’effigie de Thomas. Je pense que la poser au stade Donnadieu à Romans, cela aurait du sens », glisse-t-elle. Là où l’adolescent jouait au rugby.

« Un gamin gentil, joyeux… »

L’ami [de la famille de Thomas] ne cache pas sa colère. « Il ne faut pas qu’elle redescende, la colère. Les parents doivent éduquer leurs gamins correctement. Mes gamins ne se promenaient pas avec un couteau dans la poche quand ils allaient au bal. On ne m’enlèvera pas l’idée qu’ils [les suspects, NDLR] étaient venus pour faire du mal. S’ils se sont échappés vers Toulouse, c’est bien qu’ils avaient des choses à se reprocher ». Il pense à « son » Thomas qu’il a vu grandir : « C’était un gamin gentil, joyeux qui aimait faire la fête, il jouait au rugby. En tant que capitaine, il intervenait à chaque fois qu’il y avait un accrochage. Mourir à 16 ans, comme ça, c’est affreux ».

Le Dauphiné Libéré

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