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04/12/23

Réponse de Tugdual Denis, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles :


Selon le témoignage d’Ilyès Z., alors qu’il est assis « sans rien demander à personne », un rugbyman appelé Thomas L. se met à lui tirer par l’arrière sa longue chevelure brune et bouclée. « Il m’attrape les cheveux et me dit que j’ai les cheveux longs comme Nikita », a assuré le suspect en garde à vue. Cette provocation, une référence aux paroles de la chanson de Jul, ne plaît guère à Ilyès Z. qui, en retour, l’insulte et lui intime de dégager à deux reprises.

Sourire narquois, Thomas L. aurait refusé de s’exécuter. « Allez, tu viens, on va dehors ! » lui aurait alors lancé Ilyès Z. dans le but de s’expliquer de façon virile. Des témoins évoquent une sortie précipitée de la salle d’« un grand brun » suivi de près par le rugbyman.

« Cette altercation pourrait être à l’origine de la rixe », notent les enquêteurs dans un rapport de synthèse daté du 25 novembre. Lors de sa déposition, Thomas L. a simplement reconnu avoir « peut-être bousculé » Ilyès Z. en rejoignant un groupe d’amis. Mais un témoignage interpelle. « Au cours de la soirée, Thomas (L.) m’a dit J’ai envie de taper des bougnoules », a confié une amie du rugbyman aux enquêteurs.

(…)

Des auditions suivantes de témoins, il ressort une constante : le tueur de Thomas Perotto serait « un grand brun, les cheveux long bouclés ». Malgré des origines ethniques différentes, deux suspects correspondent à cette description : Ilyès Z., le jeune homme moqué par un rugbyman, et Julien, un mineur de Romans. « Leurs profils sont similaires », consignent les gendarmes, troublés par leur ressemblance physique.

Chacun a été désigné par au moins un témoin comme étant potentiellement le meurtrier. Mais tous deux ont nié. En garde à vue, Julien a même contesté sa présence à Crépol ce soir-là, livrant un alibi non confirmé. Des témoignages le désignent pourtant lui et son petit frère comme passant la soirée à l’extérieur de la salle et participant aux affrontements armés de couteaux. Étrangement, le benjamin était introuvable lors du coup de filet. D’autres témoignages évoquent l’implication d’Ilyès Z. ou Julien dans la blessure infligée au vigile.

Le Parisien

28/11/23


27/11/23


26/11/23

Des jeunes faisant partie d’une même bande

Tous ces individus avaient été interpellés et placés et garde à vue, mardi 21 novembre. Les six majeurs se nomment Chaïd A., Yasir, Mathys, Fayçal, Kouider et Yanis, a appris Le Figaro, confirmant une information du JDD. Contactés, la police et le parquet n’ont pas donné suite dans l’immédiat.

Selon des témoignages de riverains, la grande partie des suspects sont originaires de la petite cité de la Monnaie, à l’est de Romans-sur-Isère. Ils feraient tous partie de la même bande d’une trentaine de jeunes qui compte en son sein des amateurs de rodéo urbain et des petites mains de dealers.

Le Figaro


Les neuf suspects interpellés après la mort de Thomas, un adolescent de 16 ans tué le 19 novembre à Crépol, dans la Drôme, ont été mis en examen samedi 25 novembre notamment pour « meurtre en bande organisée », « tentatives de meurtre » ou « violences volontaires commises en réunion », a annoncé le parquet de Valence.

Même si « les mobiles et les motivations des agresseurs ne sont pas clairement établis », l’enquête ne permet pas à ce stade d’affirmer que les victimes ont pu être visées en raison de leur appartenance à une « prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée », a précisé le procureur.

« Le scénario même des passages à l’acte, les mobiles et l’identification de tous les auteurs des faits ne sauraient se résumer à des dénonciations sans preuve, des spéculations ou des interprétations hâtives », a-t-il mis en garde, alors que le drame a suscité une avalanche de réactions de l’extrême droite et de la droite sur le thème de l’insécurité et de l’immigration.

Le Monde


25/11/23

(…) dans ces locaux, se trouvaient déjà des jeunes hommes habitant le quartier de La Monnaie le soir du drame. Ces jeunes hommes auraient dragué lourdement des jeunes filles qui se seraient alors plaintes auprès de leurs amis.

Au moment où un morceau du chanteur Jul passait, Chiquita, un jeune rugbyman aurait voulu remettre un des dragueurs à sa place, en lui tirant les cheveux, avant de le traiter de « Chiquita » (petite fille en espagnol, Ndlr). Ils se serait pris au col avant de se donner rendez-vous à l’extérieur.

Dehors, un peu plus loin, il y avait déjà un groupe, des amis des jeunes de La Monnaie, qui voulait profiter de la dernière heure et s’imposer dans la salle des fêtes. D’après nos informations, ils buvaient de l’alcool dans des petites bouteilles en plastique. Certains disent qu’ils avaient déjà été refoulés par les vigiles. Et là, tout a dégénéré. Une grosse bagarre aurait éclaté, à coups de poing. 

Parmi le groupe récemment arrivé, certains auraient sorti des couteaux. Trois hommes ont été gravement poignardés, dont Thomas, qui a succombé à ses blessures. (…)

Le Dauphiné Libéré



24/11/23


Les deux garçons ont passé leur scolarité à moins de 900 m l’un de l’autre. Thomas, 16 ans, tué dimanche matin en marge d’un bal organisé dans sa commune de Crépol était en classe de terminale au lycée du Dauphiné, à Romans-sur-Isère. Il y a encore quelques années, Chaïd A., 20 ans, était, selon son profil Facebook, élève du lycée professionnel Auguste-Bouvet, situé juste de l’autre côté d’une voie ferrée qui traverse la commune de la Drôme.

Les deux garçons avaient peut-être même des connaissances communes. Quelques amis de Chaïd A., « formellement désigné comme auteur du coup de couteau mortel ayant atteint » Thomas et placé en garde à vue mardi après-midi, portent d’ailleurs sur leur photo de profil sur les réseaux sociaux le maillot du Rugby Club Romanais Péageois… Celui-là même qu’avaient revêtu mercredi après-midi les amis de Thomas lors de la marche blanche organisée à Romans-sur-Isère en hommage à l’adolescent.

[…]

Selon leurs auditions, ayant eu vent que « beaucoup de filles » étaient présentes à cette soirée dans le village de Crépol, ils sont arrivés vers minuit car l’entrée était gratuite à partir de cette heure-là. Une partie du groupe a alors pu entrer, l’autre est restée boire des « flashs », ces mélanges d’alcools forts — souvent de la vodka — et de Red Bull devant une supérette située à proximité de la salle des fêtes. On ignore si ces derniers ont été préalablement refoulés de la soirée.

[…]

Toujours est-il que d’après les déclarations de certains des neuf suspects, l’origine de la bagarre mortelle ne serait pas liée à un quelconque refus d’entrée. Ils prétendent avoir répondu à une provocation. D’après eux, lorsque le DJ a arrêté la musique de la soirée vers 2 heures du matin, l’un des fêtards, désigné comme un rugbyman proche de Thomas, s’est approché de l’un des membres du groupe, Ylies Z., en lui tirant ses cheveux longs et en l’appelant « Chiquita (fillette) ».

Après des échanges de noms d’oiseaux, tous seraient sortis de la salle et les affrontements auraient dégénéré, les suspects restés près de la supérette se mêlant à la bagarre dont certains avec des couteaux. L’un des vigiles engagés pour sécuriser la soirée aurait été agressé dans l’altercation violente. Trois autres hommes sont poignardés, dont Thomas qui ne se relèvera pas.


Le Parisien



23/11/23

@Valeurs. Les chefs de la gendarmerie ne communiquent rien, même à leurs adjoints. Sur les prénoms des suspects, les gendarmes ont tout bloqué entre eux. “C’est vraiment inquiétant cet aveuglement. C’est reculer pour mieux sauter. Tôt ou tard, ils devront donner les infos”, confie une source gendarmerie. “En même temps, ça veut dire que ce sont des Maghrébins, traduit une source policière. S’ils s’appellaient Patrick, Roger ou David, on le saurait déjà.”


Mercredi matin, en marge du Conseil des ministres, Gérald Darmanin montre à l’un de ses collègues les noms des suspects placés en garde à vue la veille, après l’attaque au couteau à Crépol. «Ils sont français, mais pas un seul n’a un nom à consonance française, confie après coup ce ministre en soupirant. Vous verrez ce que ça suscitera dans le pays… Cette affaire traumatise légitimement nos compatriotes. Il faut remettre des règles et de l’ordre, sinon le pays partira à vau-l’eau.»

Le Figaro



Plusieurs jours après la mort du jeune Thomas lors d’un bal dans la Drôme, l’un des participants blessés par les agresseurs est sorti de l’hôpital. Il a raconté à RTL ce qu’il s’est passé cette nuit-là.

“Deux, trois personnes sont arrivées sur moi et c’est là que je me suis fait planter dans le dos. Ça m’a légèrement touché le poumon, ça m’a cassé une cote. Je sentais que ça coulait quand même. Du coup, j’ai regardé ma main et elle était pleine de sang. J’ai vite enlevé mon tee-shirt pour faire une espèce de garrot. Il y a pas mal de jeunes qui sont venus pour me tenir et faire la compression”, se souvient-il. “On ne savait pas si on allait pouvoir attendre l’arrivée des pompiers”.

L’homme de 28 ans qui souhaite rester anonyme s'”estime heureux d’être encore là” car “beaucoup de monde aurait pu y passer”. Et de décrire des coups de couteau “intentionnés” donnés par de “petites racailles”. (…)

RTL


22/11/23


L’individu soupçonné d’avoir poignardé Thomas avait été condamné deux fois

(…) “(Il) a un casier judiciaire portant trace de deux condamnations par ordonnance pénale à des peines d’amende, l’une pour un fait de recel de vol, l’autre pour port d’arme blanche ou incapacitante de catégorie D sans motif légitime”, indique le parquet.

Cette deuxième condamnation était associée d’une interdiction de détenir ou portée une arme pour une durée de deux ans, notifiée le 25 septembre dernier. (…)

BFMTV




Selon nos informations, les suspects — deux sont mineurs — envisageaient de quitter la France en direction de l’Espagne ou du Maghreb.

Un peu plus de 48 heures après la mort de Thomas, jeune rugbyman de 16 ans mortellement poignardé à la sortie d’un bal organisé dans sa commune, sept personnes suspectées d’être directement impliquées dans la rixe ont été interpellées ce mardi vers 15 heures par le GIGN sur le parking d’un restaurant situé au sud de la ville de Toulouse. Selon nos informations, les suspects — deux sont mineurs — envisageaient de quitter la France en direction de l’Espagne ou du Maghreb.

L’individu « auteur du coup de couteau mortel » interpellé

Parmi eux figure, selon Laurent de Caigny, le procureur de la République de Valence, un individu « formellement désigné comme auteur du coup de couteau mortel ». Âgé de 20 ans, de nationalité française et installé dans le centre-ville de Romans-sur-Isère, il a déjà eu affaire à trois reprises avec la justice pour des délits mineurs.

Depuis sa majorité, il a ainsi été condamné une première fois pour recel de vol, puis une seconde à une amende de 200 euros pour le port prohibé… d’un couteau. En septembre 2023, la justice lui avait notifié son interdiction de détenir une telle arme… Quelques instants après les premières interpellations survenues en Haute-Garonne, deux autres mineurs ont été arrêtés à Romans-sur-Isère par le GIGN. La garde à vue des neuf suspects peut durer jusqu’à 96 heures.

[…]

Le Parisien


21/11/23


Vers 1 h 30 / 2 heures du matin, ils sont revenus. En nombre. « Ils étaient une trentaine, d’après les amis de ma fille, raconte une habitante des environs. Ils criaient : « On va tuer du blanc ».

Paris Match


Sept personnes ont été interpellées à Toulouse en début d’après-midi ce mardi, dont celui qui est suspecté d’avoir poignardé Thomas 16 ans à la fin d’un bal à Crépol dans la Drôme dans la nuit de samedi à dimanche. Deux autres suspects ont été arrêtés à Romans-sur-Isère dans la Drôme.

France Bleu



Le Dauphine




Appel à témoins, « progrès rapides » de l’enquête, des interpellations « probables », indique la gendarmerie

La porte-parole de la gendarmerie n’utilise pas le mot « rixe » pour qualifier les faits : « Une rixe, c’est deux groupes de jeunes qui ont décidé de prendre rendez-vous et de s’affronter, on n’est pas dans ce cadre-là », estime-t-elle. Quant au motif de ce déferlement meurtrier, « c’est l’enquête qui va permettre de définir les responsabilités de chacun ».

Une enquête pour « homicide et tentatives en bande organisée » qui progresse manifestement à grands pas : « Il faut s’attendre à un progrès rapide et de probables interpellations », atteste Marie-Laure Pezant. Et d’ajouter : « Si les auteurs nous entendent, ce serait peut-être raisonnable qu’ils se présentent… »

[…]

Le Parisien



20/11/23


Des témoins de l’attaque dénoncent le terme « rixe » employé par certains journalistes.

Journal du Dauphiné Libéré

(Merci à Pablo.)



19/11/23

(…) Hugo, 18 ans, a assisté, impuissant, au drame : « J’étais vers l’entrée et j’ai vu Thomas se faire planter un couteau dans le cœur et dans la gorge. Un hélico l’a emmené à Lyon, mais il y est passé malheureusement. Je suis choqué parce que c’était un collègue à moi, on a fait du rugby ensemble, on était au collège ensemble, et je l’ai vu mourir. Il y a eu une bataille entre les agresseurs et ceux qui ont eu le courage de leur faire face. »

À la sortie de la cellule psychologique mise en place par la mairie, Anthony, 16 ans, raconte lui aussi l’agression qui a conduit à la mort de son ami : « Le bal se passait bien, il touchait à sa fin et les gens commençaient à rentrer chez eux. C’est à ce moment qu’ils ont commencé à attaquer. J’ai vu Thomas s’écrouler. Ça m’a traumatisé. J’étais à côté de lui, j’ai son sang sur mon pull. Ça s’est passé trop vite, je l’ai vu avec sa main sur son ventre, en train de mourir. Pourquoi lui ? »

« C’était un bain de sang. Des jeunes de cité ont encerclé la salle des fêtes et plantaient les gens à l’aveugle. Le videur s’est fait trancher les doigts. On faisait un massage cardiaque à un jeune par terre. C’était le chaos », souffle Maxence, 18 ans, les yeux rougis. (…)

Le Parisien


X – @alliancenat_fr


Sous le choc, avec la fatigue d’une nuit blanche, aucun ne veut s’exprimer devant un journaliste mais les commentaires vont bon train : « C’était des gars de la Monnaie », entend-on au fil des discussions. « Ils sont venus me demander à quelle heure finissait le bal », raconte une dame. « Ils attendaient à la sortie », ajoute un homme… Certains s’agacent : « Sur internet, c’est écrit une rixe ! Mais ce n’était pas une rixe, au bal, on ne voulait pas se battre ! »

« Personne n’a été interpellé »

Laurent de Caigny, procureur de la République, indique que l’enquête ne fait que commencer : « En effet, selon plusieurs témoignages recueillis pas les enquêteurs, il n’est pas impossible que les auteurs soient des habitants de Romans-sur-Isère, mais les investigations devront le déterminer, et actuellement, personne n’a été interpellé [dimanche vers 15 heures, NDLR]. »

Le procureur reste d’ailleurs très prudent quant à la qualification des faits : « Selon les premiers éléments, il pourrait s’agir d’un règlement de compte. »

Le Dauphiné


Blessé à l’arme blanche, Thomas, un adolescent de 16 ans, a été mortellement touché. L’adolescent est décédé des suites d’“un coup de couteau” alors qu’il était en route pour l’hôpital de Lyon, ont indiqué le procureur de la République et les pompiers. 

Deux autres jeunes hommes ont été transportés en urgence absolue par les sapeurs-pompiers vers l’hôpital de Valence. L’un d’eux, âgé de 28 ans, a reçu “des coups de couteaux au niveau du thorax”. Le second est âgé de 23 ans. Une troisième personne, d’abord déclarée en urgence absolue, a vu son état s’améliorer. Six autres personnes ont été blessées en périphérie du “bal de l’hiver” qui rassemblait 350 personnes. 

France 3


Dans la nuit du 18 au 19 novembre, alors que 300 à 400 jeunes étaient réunis, des individus venus de l’extérieur ont pénétré dans la salle des fêtes du village de Crépol (600 habitants) dans la Drôme. Ils ont agressé de nombreuses personnes à l’arme blanche pour un motif encore indéterminé. Un adolescent de 16 ans est décédé et deux autres jeunes sont en urgence absolue. Au total, on compte 17 victimes.

L’incompréhension domine ce dimanche matin, et le regard sur le monde se fait plus terne. « La commune et le comité des fêtes auront du mal à se remettre d’une chose pareille, réagit la maire de Crépol Martine Lagut, surtout dans un village rural. Les gens ne pensent pas à ça… Mais on vit à une époque difficile. On a l’impression que les choses bon-enfant n’existent plus… Ce n’est pas possible d’aller tuer des gens gratuitement ! Quelqu’un de censé ne peut pas raisonner comme ça ! Je me demande ce que ces personnes ont dans la tête. On a l’impression que ce sont des animaux sauvages. »

 « Une bande est venue pour tuer des gens. » Les mots de la maire de Crépol, Martine Lagut, sont forts. « Ils n’étaient pas venus pour s’amuser mais pour faire du mal. Ce drame endeuille une famille. Ce sont des enfants de 16-17 ans des villages alentours qui étaient là. Quand je pense à eux… C’est terrible. »

La paisible commune de 600 âmes dans la Drôme des Collines a connu l’horreur au terme d’« un bal tout simple avec une sono, organisé par le comité des fêtes du village », témoigne Martine Lagut. « Pourtant tout s’était bien passé. Des parents étaient déjà venus chercher leurs enfants. Mais certains se sont trouvés au mauvais endroit et au mauvais moment. Ils partaient et ces jeunes sont arrivés avec des couteaux pour les agresser gratuitement. La bagarre ne s’est pas déroulée dans la salle des fêtes. Ils ont attendus à l’extérieur. Cela n’aurait duré que deux minutes, paraît-il. Heureusement que le service de sécurité privé était là. Un agent a d’ailleurs été blessé. Son intervention en a certainement préservé plusieurs. Mais les gens ont aussi été blessés psychologiquement. » […]

Le Dauphiné

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