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Ils s’en sont sortis sans une égratignure, même si le pied-de-biche d’un agresseur a tout de même traversé la vitre de leur camion pour atterrir dans le casque de l’un d’eux. (…)

Les agresseurs s’en prennent alors au camion, à coups de barres de fer. « Ils ont essayé d‘ouvrir les portières, poursuit l’adjudant-chef. Ils nous ont crié : maintenant, vous descendez ! Ils avaient aussi des bidons mais on ne saura jamais ce qu’il y avait dedans. On a fui en forçant le passage. On savait que si on sortait, on se faisait démonter. Et là, c’était des gars costauds, pas des gamins de 14 ans, comme on l’a entendu partout. C’était un guet-apens : l’appel de secours était orchestré, ils étaient tous cagoulés et ils sont venus au contact avec un objectif précis. On n’avait pas connu cela lors des précédentes violences urbaines. » (…)

Florian a justement commencé sa carrière là, aux abords de la Plaine-du-Lys, et en a vu d’autres. « Quand j’ai démarré, il y a 25 ans, il y a eu plusieurs émeutes. J’ai grandi un peu ici, en découvrant le métier. J’en ai gardé l’habitude d’être toujours casqué, de longer les façades, car si on se décale, quelque chose peut chuter d’en haut. Il faut toujours être prudent. »

Il compare les deux époques. « J’ai déjà vécu cela. Ce n’est pas un bouleversement total pour moi. Mais cet été, la situation était hors-norme. Le niveau de violence est monté. Les institutions et l’uniforme étaient ciblés. Cela m’est déjà arrivé d’en arriver à la confrontation physique. Mais ce qui change cette fois, c’est que ce sont eux qui viennent à nous. C’est bien triste. On a eu beaucoup de chance. » (…)

Dès le lendemain des faits, Loïc a souhaité venir à la caserne, alors qu’il en était pourtant dispensé. « Je tenais à être auprès des collègues pour leur dire : attention, ils ne jouent plus avec nous. J’y ai pensé deux ou trois jours et puis, c’était fini. »

Florian, lui aussi, a vite avancé. (…)

Le Parisien

(Merci à Julien.)

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