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REPORTAGE – Au premier tour des présidentielles en Turquie, les électeurs de l’unique bureau de vote du Puy-de-Dôme ont placé Erdogan en tête avec plus de 91 % des voix. Un record en Europe.

Jour de prière à Thiers. Comme chaque vendredi, des dizaines de musulmans se dirigent vers les trois mosquées de la cité auvergnate. Beaucoup d’entre eux sont membres de la communauté turque recensant 3000 personnes dans cette ville de 12.000 habitants. Depuis quelques semaines, un sujet de discussion revient inlassablement: l’élection présidentielle. Avec un nom sur toutes les lèvres. «Dimanche, c’est la victoire du président Erdogan!», clame un jeune Thiernois. Dans le Puy-de-Dôme, il est loin d’être le seul à prendre parti pour le président sortant. Au premier tour, les électeurs de l’unique bureau de vote du département, à Orcet, l’ont placé en tête avec plus de 91 % des voix. Un record en Europe.

(…) Les électeurs du Puy-de-Dôme se sont déjà rendus aux urnes le week-end dernier pour départager Recep Tayyip Erdogan et Kemal Kiliçdaroglu. La participation a augmenté de 19 % par rapport au premier tour pour atteindre 5400 votants. Ce chiffre n’est pas étonnant tant la communauté est historiquement présente sur ce territoire depuis le début des années 1980. «Ce sont des familles entières qui sont venues, plutôt que des travailleurs seuls comme les Portugais ou les Espagnols dans les années 1950 et 1960», explique Julien Bouchet, chercheur associé au Centre d’histoire espaces et cultures de Clermont-Ferrand. Pour l’historien, cette migration vers le centre de la France est multifactorielle. «Des associations ont fait le lien dans le Puy-de-Dôme. Il y a eu aussi le bouche-à-oreille sur un foncier plus abordable dans le bassin de Thiers. L’emploi ouvrier est important dans la vallée de la Durolle.»

La politisation de cette population, elle, se serait récemment développée. «Ça correspond à l’arrivée d’Erdogan au pouvoir. La majorité des familles viennent de la région de Cappadoce qui est structurellement conservatrice et paysanne. Elles se retrouvent dans son projet nationaliste et religieux. À tel point que, parfois, elles ont oublié que la fondation de la République turque est laïque.»

(…) Le Figaro

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