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Son traumatisme est toujours perceptible lorsqu’il décrit la voix féminine qui l’appelle, deux ans plus tôt, pour commander un gâteau sur lequel il doit inscrire « Joyeux anniversaire Dounia 23 ans ». Le boulanger hésite. On est en plein confinement. Il finit par accepter parce que le rendez-vous pour la livraison lointaine, fixé à 22 heures, était « face à la gendarmerie de Valenciennes. Ça m’a rassuré ».

« Déshabillé et frappé »

Son phrasé s’accélère lorsqu’il dépeint les six individus « tous armés et cagoulés » qui le surprennent alors qu’il montre le gâteau à celle qu’il pensait être une simple cliente. Le piège se referme. Il est menotté à son volant et conduit dans le parking souterrain d’un immeuble situé en face de la gendarmerie. « J’ai été déshabillé et frappé. »

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La voiture du boulanger sera abandonnée dans un champ à Petite-Forêt. Les enquêteurs y retrouveront les empreintes d’Omar Benfetouha. C’est par son téléphone que le fameux gâteau d’anniversaire a été commandé. Quant au téléphone de son cousin, Abdelhakim Benfetouha, qui tenait lui aussi par ailleurs une boulangerie, il a borné sur chaque lieu de commission des faits.

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Finalement, ce sont peut-être les appels passés illégalement durant leurs détentions provisoires qui sont les plus loquaces. Les deux hommes étaient sur écoute. « Il veut que je plonge pour lui et il n’est même pas capable de payer mon avocat ! » : une phrase d’Omar lâchée sur son mobile… Au parloir, Abdelhakim et sa compagne parlent d’un « flingue qu’il faut dégager » et d’un mur à reboucher. La compagne, qui a reconnu s’être débarrassée d’un pistolet airsoft, a écopé de six mois de sursis pour cette raison. Quant à celle qui a servi d’appât, elle a été condamnée à dix-huit mois de sursis.

La Voix du Nord

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