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18/11/22

Selon les informations recueillies par Europe 1, une des opératrices du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) de Gris-Nez, en charge des opérations de secours le jour de la mort des 27 migrants dans la Manche, a été dans le viseur des services de renseignement.

C’est un nouvel élément qui assombrit le profil d’une des opératrices du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) de Gris-Nez. Des révélations ces derniers jours de nos confrères du Monde et du Canard Enchaîné accablent l’action des secours français ce 24 novembre 2021 quand 27 migrants, candidats à la traversée de la Manche vers les côtes britanniques, ont trouvé la mort. Au point que le secrétaire d’État à la mer, Hervé Berville, s’est dit ouvert à des sanctions si les faits étaient avérés.

Selon les informations recueillies par Europe 1, l’une des opératrices, second-maître dans la Marine nationale, 21 ans aujourd’hui, a été dans le viseur des services de renseignement pendant plusieurs années au titre de l’islam radical. Sa prise en compte par les services remonte à 2015, elle est alors toute jeune adolescente. Signalée auprès des services de la sécurité intérieure, elle fait à cette époque l’objet d’un suivi du service central du renseignement territorial (SCRT) du Nord pour sa proximité avec l’islamisme.

(…) C’est dans ces conditions qu’elle intègre la Marine nationale. Lors de son recrutement, la direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD) se penche évidemment sur son cas, au regard de son passé. Au terme de deux enquêtes, l’une à son arrivée à l’école, l’autre à la sortie, le service de renseignement interne aux armées émet un avis restrictif pour son habilitation au secret de la défense nationale au regard de son inscription, toujours effective même si sa fiche est clôturée, au FSPRT. En revanche, le service estime qu’aucun obstacle ne s’oppose à son recrutement.

Europe 1


14/11/22

A ce stade, il apparaît qu’aucun moyen de sauvetage n’a été envoyé au secours de l’embarcation. A aucun moment, le Cross (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage maritimes Gris-Nez) ne semble avoir pris la mesure du danger qu’encourraient les passagers du canot, en dépit de leurs multiples alertes. Au contraire, dans un contexte d’économies de moyens face à des traversées nombreuses, et compte tenu de la trajectoire du bateau qui approchait les eaux britanniques, le Cross a privilégié un passage de relais aux Anglais.

Le 24 novembre s’annonçait comme « une grosse nuit de migrants », se souvient Clément G., chef de quart au Cross, lors de son audition par les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie maritime de Cherbourg (Manche). Cette nuit-là, une vingtaine d’embarcations ont appelé. « Les contacts sont multipliés par dix en fonction du nombre d’appels émanant de la même embarcation », précise aux gendarmes l’officier Frédéric J. Une embarcation en particulier « n’a pas arrêté de nous appeler cette nuit-là », rapporte aux enquêteurs la cheffe de quart Pauline M. C’est cette embarcation qui fera naufrage. Lors de leurs auditions, les deux survivants ont rapporté que le bateau avait commencé à se dégonfler et à couler quelques heures après leur départ d’une plage aux alentours de Dunkerque (Nord).

(…)

« Après, nous n’avons plus vérifié car il ne s’agissait plus de notre zone », justifie Fanny R. Sondés sur la façon d’évaluer le niveau de détresse d’un small boat, plusieurs membres du Cross, à l’image du chef de quart Matthieu L., font valoir que « souvent », les migrants « appellent et crient au danger alors qu’ils n’ont rien ». Fanny R. distingue pour sa part l’urgence « vitale » de l’« urgence de confort ». « Ils nous appellent tous, même s’ils ne sont pas en difficulté, corrobore Nicolas H., le chef du service opération. Il est très délicat de prioriser correctement. » A propos de l’embarcation naufragée, Pauline M. reconnaît que « nous n’avions pas d’inquiétude [la] concernant ».

Tous mettent en cause le manque de moyens dont ils pâtissent. « Le dispositif mis en place par l’Etat est le suivant : deux moyens nautiques et un moyen aérien, alors qu’il y a parfois trente à cinquante embarcations à l’eau, et donc c’est largement insuffisant », résume Nicolas H. « Je pense que le travail a été bien fait avec les moyens dont on dispose. Je pense que ces pauvres gens n’ont pas eu de chance », explique à son tour aux enquêteurs Clément G. « Ça fait deux ans que nous demandons des moyens supplémentaires, ajoute son collègue Luc B. On savait malheureusement qu’un jour cela arriverait. »

Le Monde

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