Fdesouche

17/06/2022

Après une audition à huis clos au Sénat, Fabrice Leggeri est revenu sur sa démission de son poste de directeur exécutif de Frontex. Il estime que « certains » veulent faire jouer à Frontex le rôle d’une agence « qui vérifie comment les Etats-membres appliquent les droits fondamentaux », alors que son « mandat » est d’être « une force de police des frontières. »

(…) Fabrice Leggeri a en effet démissionné à la suite d’une enquête de l’Office de lutte antifraude à propos de cas présumés illégaux de « pushback » (refoulements) de migrants, notamment en mer Egée. À la suite de ces incidents, des députés européens avaient demandé le gel d’une partie du budget 2022 de Frontex tant que l’agence ne recrutait pas 20 officiers aux droits fondamentaux. De son côté, Fabrice Leggeri avait écrit dans son courrier de démission que « le mandat de Frontex […] a silencieusement, mais effectivement été modifié. »

« Le mandat de Frontex, c’est d’être une force de police des frontières européennes »

(…) Fabrice Leggeri fait de ce « rapport OLAF » un élément qui l’a « convaincu que certains faisaient une autre interprétation du mandat de l’agence. » L’ancien directeur exécutif de Frontex semble opposer une conception « policière » de Frontex à une conception « humanitaire » : « Le mandat de l’agence dans laquelle je suis entré comme directeur exécutif en 2015, c’est d’être une force de police des frontières européennes, qui soutient les Etats-membres dans le contrôle des frontières. […] Certains estiment que le rôle de l’Agence est d’être un organe qui vérifie comment les Etats membres appliquent les droits fondamentaux aux frontières. »

Fabrice Leggeri y voit un « problème culturel » d’une agence Frontex « qui n’est pas au clair sur ce qu’elle est » : « Certains auraient voulu en faire plutôt une agence qui s’occupe davantage de surveiller les Etats-membres dans les droits fondamentaux ou une agence humanitaire. Mais le rôle de cette Agence tel que le législateur européen l’a voulu c’est quand même plutôt de faire la police des frontières des Etats. C’est plutôt une agence qui ressemble à une agence de police. » Le résultat de ce que l’ancien directeur-exécutif de Frontex considère comme une confusion, c’est « une situation où il considérait que politiquement, il ne m’était plus possible de diriger l’agence. »

(…) Public Sénat

(Merci à BB)


04/05/22

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Le directeur général de Frontex, Fabrice Leggeri, a présenté sa démission vendredi 29 avril. Pour le directeur général de l’institut Thomas More Jean-Thomas Lesueur, l’agence européenne est au cœur d’une bataille idéologique, qui a empêché le Français de réaliser sa mission.

Jean-Thomas Lesueur, est directeur général de l’institut Thomas More.

LE FIGARO. – À la tête de l’agence Frontex depuis 2015, reconduit en 2019, le Français Fabrice Leggeri a quitté ses fonctions de directeur exécutif vendredi. Que vous inspire cette démission ?

Jean-Thomas LESUEUR. – Cette démission est l’épilogue d’une sourde bataille qui se mène dans la coulisse des institutions européennes sur la mission de l’agence Frontex et plus globalement sur le sens à donner à la politique migratoire européenne. D’un côté, Fabrice Leggeri et la direction de Frontex qui rappelaient sans cesse que le mandat de l’agence était la garde de la frontière commune. De l’autre, Ylva Johansson, commissaire européen aux Affaires intérieures, qui exerce la tutelle sur Frontex, alignée sur les ONG, qui voudrait en quelque sorte transformer Frontex en agence de surveillance du respect par les États membres des droits fondamentaux des migrants à leur arrivée. Concrètement, l’action de Fabrice Leggeri était entravée depuis des mois par les initiatives de l’«officier aux droits fondamentaux» présent au sein de l’agence pour garantir ces droits…

Au-delà du sort personnel de Fabrice Leggeri, le fond de l’affaire est idéologique et politique, il faut bien le comprendre…

Jean-Thomas Lesueur

Fabrice Leggeri est depuis deux ans sous le feu des critiques d’une partie du Parlement européen, de la Commission, de certaines ONG et médias, mais aussi de quelques États membres, notamment la Suisse, où une votation est organisée le 15 mai portant sur la participation du pays à l’augmentation des moyens accordés à l’agence. En cause, des enquêtes faisant état de refoulements illégaux en mer Égée, contraires au droit de l’Union et au droit international. Ces critiques sont-elles justifiées ?

Cette accusation a été largement battue en brèche par les faits. Les enquêtes de différents organismes européens, comme le Parlement européen, l’OLAF (office européen de lutte antifraude, dont on se demande quelle compétence il a en la matière…) ou d’autres, soit ont conclu à l’absence de ces refoulements, soit ont minoré l’implication de Frontex. Ce sont les ONG no-borders et les médias (principalement allemands, comme Der Spiegel encore tout récemment) qui mènent la charge – complaisamment alimentés par la Turquie en témoignages ou en images satellite tendancieux… Au-delà du sort personnel de Fabrice Leggeri, le fond de l’affaire est idéologique et politique, il faut bien le comprendre…

Frontex est-il au cœur d’une bataille idéologique ?

Oui, très clairement. La manière de voir d’Ylva Johansson et de toute la Commission européenne prolonge en quelque sorte la vision de l’ONU dans son fameux rapport «Migration de remplacement: une solution au déclin et au vieillissement de la population ?», qui date de l’an 2000. Ce rapport, qui a fait couler tant d’encre, était pétri du dogme de la «mondialisation heureuse» qui régnait à l’époque. Le problème est que, vingt après, le bilan est pour le moins sombre. Ce dogme, qui voyait la personne humaine comme un agent économique interchangeable et déplaçable au gré des besoins de la mondialisation, ne résiste pas au spectacle de la fracturation de nos sociétés, de la montée du communautarisme et du racialisme, des phénomènes spectaculaires de violence ethniques que nous observons en Europe. C’est que le problème migratoire n’est pas une variable de la politique économique et sociale. C’est une question existentielle, je l’ai dit, en ce qu’elle touche à l’identité et à l’avenir des peuples et des cultures. Voilà ce qu’Ylva Johansson et la Commission européenne ne veulent pas voir.

(…)

Le Figaro


29/04/22

Régulièrement accusé de fermer les yeux sur les refoulements illégaux de migrants en mer Égée, le patron français de l’agence européenne des garde-frontières Frontex, Fabrice Leggeri, a présenté sa démission vendredi. L’agence est depuis des années visée par différentes enquêtes d’ONG et de médias européens pour “violations des droits de l’Homme”.

Le directeur exécutif de l’agence européenne des garde-frontières Frontex, Fabrice Leggeri, a présenté vendredi 29 avril sa démission à la suite d’allégations de violations des droits de l’Homme contre son agence. En janvier 2021, l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) avait ouvert une enquête contre Frontex, accusé d’avoir fermé les yeux sur le comportement des garde-côtes grecques qui participaient – et participent toujours, selon les ONG – aux refoulements illégaux d’embarcations de migrants vers la Turquie, en mer Égée. L’agence était aussi accusée de participer elle-même à ces “pushbacks”.

“Je peux confirmer qu’il a présenté sa démission” au conseil d’administration, et ceci “ouvre la possibilité d’un nouveau début” pour Frontex, a indiqué à Berlin un porte-parole du gouvernement allemand interrogé lors d’une conférence de presse. Cette proposition de démission, a poursuivi ce porte-parole, “donne la possibilité d’éclaircir entièrement les accusations pour faire la transparence et s’assurer que toutes les opérations de Frontex ont lieu dans le respect du droit européen”.

www.infomigrants.net


Fdesouche sur les réseaux sociaux