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Car si Pap Ndiaye faisait déjà partie des «connaissances personnelles» du chef de l’État – ils auraient eu «de longues conversations» tout au fil du premier mandat -, sa nomination serait pour partie liée au lobbying très actif de deux conseillers élyséens. Le premier, parfait inconnu du grand public, se nomme Franck Paris. Chargé, depuis cinq ans, des questions liées à l’Afrique au sein du cabinet présidentiel, c’est lui qui a œuvré à la nouvelle façon de repenser le lien et de réinventer la relation entre l’Hexagone et le continent. Et c’est lui qui aurait vivement poussé pour le remplacement de Jean-Michel Blanquer par Pap Ndiaye. Mission dans laquelle il a reçu, selon nos informations, le précieux concours de sa collègue Rima Abdul Malak, ancienne conseillère culture à l’Élysée, envoyée vendredi rue de Valois, pour succéder à Roselyne Bachelo

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Contrairement à la gauche et à l’extrême gauche qui, elles, semblent plus embarrassées. «C’est une triangulation qui s’adresse à tous ceux qui voyaient Pap Ndiaye comme l’un des leurs. À partir du moment où il a accepté d’entrer au gouvernement, il adhère de facto à la tradition universaliste et républicaine héritée de 1789. Le message est donc le suivant: “Vous ne déconstruirez pas l’école, puisque je confie à cet homme la mission de la maintenir”», tente de décrypter l’un des interlocuteurs quotidiens d’Emmanuel Macron. «Finalement, du point de vue du président, c’est une nomination qui annonce un été républicain, plus qu’une réduction à un printemps étriqué», veut-on croire de même source… Dans une allusion à peine voilée au Printemps républicain, un mouvement fondé par certains socialistes nostalgiques de Manuel Valls qui ont soutenu le président sortant durant la campagne, et qui n’ont finalement obtenu qu’une seule investiture pour les législatives sur la douzaine qu’ils lorgnaient au total.

Au-delà de ce petit tacle, presque tous les stratèges élyséens reconnaissent, hors micro, que Pap Ndiaye devra «manifester très vite de la clarté sur les sujets de la République, de la laïcité, du séparatisme et du wokisme». «Tout le monde ici attend ça, et moi le premier», glisse l’un d’entre eux. Et de conclure: «Mais là où c’est malin, c’est qu’il peut nous ramener les profs.» Dans une petite phrase qui illustre, si besoin en était, la plasticité d’Emmanuel Macron. Un président caméléon capable de zigzags permanents.

Le Figaro


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