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Dans Le JDD, l’ancien président de l’UMP Jean-François Copé souhaite conclure un accord avec LR, qui deviendrait ainsi « un pilier de la majorité ».

Vous plaidez depuis le premier tour pour un nouveau « pacte de gouvernement ». Pourquoi ?

Marine Le Pen, quoi qu’en disent les sondeurs, peut gagner dimanche prochain. En cette fin de campagne, on dissimule l’essentiel : elle incarne l’extrême droite et son entourage historique est en embuscade ; son programme économique est mortel pour le pays ; elle dépend depuis toujours du pouvoir russe, qui a aidé à financer ses campagnes. Or, depuis une semaine, Emmanuel Macron a été malmené en voulant draguer des électeurs mélenchonistes qui ne voteront jamais pour lui, alors que Marine Le Pen surjoue la sérénité et l’angélisme. Attention, danger !

Les réserves de voix ne sont-elles pas à gauche pour le second tour ?

Quel énorme contresens ! Il y a des millions de Français qui se disent que, si Macron est réélu, il n’y aura pas de changement. Ils veulent plus de fermeté en matière de sécurité, de laïcité et d’immigration. Ils veulent enfin des réformes courageuses et justes en réduisant les gaspillages de l’État. Et ils veulent gagner plus, quitte à travailler plus. Ces électeurs ont été nombreux à voter pour Valérie Pécresse, Zemmour, Dupont-Aignan et même Le Pen. Ils attendent d’Emmanuel Macron une nouvelle offre politique, que la majorité Marcheuse ne lui apportera jamais. Il faut donc qu’il prenne une initiative. […]

Pourquoi Macron négocierait-il avec un parti qui pèse moins de 5 % des voix à la présidentielle ?

C’est une illusion d’optique de réduire l’électorat de la droite républicaine au score de la présidentielle. L’essentiel des villes, des départements et des Régions sont dirigés par des personnalités de la droite républicaine. Pendant la crise sanitaire, ces élus ont été les premiers acteurs de l’action publique. Pas de vaccination de masse, pas de police municipale armée pour réduire l’insécurité, pas de rénovation urbaine ou de politique d’aménagement du territoire efficace sans les maires. Le deuxième quinquennat ne peut pas être la copie conforme du premier, sinon je prédis de très grandes tensions dans les mois qui viennent.

LR a adopté lundi une position d’indépendance radicalement opposée à la vôtre…

J’ai conscience d’être minoritaire. Je comprends qu’avec la sidération des résultats du premier tour cette idée ne soit pas immédiatement audible. Mais je dis à mes amis : un parti de gouvernement qui n’aura pas gouverné pendant quinze ans ne sera plus un parti de gouvernement.

La droite ne peut-elle pas reprendre des couleurs aux législatives ?

Qu’est-ce qui pourrait conduire un électeur, qui va se voir proposer un candidat macroniste, un lepéniste et un mélenchoniste, à choisir LR ? Rien. Nous serons la tranche de jambon dans le sandwich, et une tranche de plus en plus fine. Si nous ne proposons pas une offre politique constructive, si nous nous contentons d’un discours d’opposant pour les cinq prochaines années, les Français se tourneront vers les extrêmes. […]

Le JDD


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