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La méditation de pleine conscience dans les écoles avive les tensions

Expérimentée à l’école, la méditation de pleine conscience est dénoncée par un appel de la Ligue des droits de l’homme cosigné par des syndicats, associations de parents et groupes luttant contre les dérives sectaires. Pratique à risques, gadget ou progrès pédagogique ?

« La ‘‘pleine conscience’’ ou ‘‘présence attentive’’ est ‘‘une pratique entièrement laïque dont le but est d’entraîner les capacités d’attention et de discernement à ce qui est présent dans l’instant (…) et d’aider ainsi à acquérir une meilleure stabilité intérieure », explique dans son rapport remis en janvier 2021 au ministre de l’Éducation nationale le député Gaël Le Bohec (LREM). Sous l’impulsion du parlementaire, cette pratique aux relents de New Age a été étendue à 240 classes de CM2, de 6e et de 5e, mais aussi à 5 000 élèves de La Rochelle et dans divers collèges où prolifèrent les « ateliers bien-être » et autres séances de « bodyscanning ».

Dans le même temps, Initiative Mindfulness France, un « think tank » dont « dont la mission vise à sensibiliser les décideurs publics sur les bienfaits que peut apporter la Pleine conscience », aurait, selon son dernier rapport d’activité, touché 23 000 enfants. Et ces jours-ci, le conseil scientifique de l’Éducation nationale doit valider la mise en place d’« ateliers » de méditation dans les académies volontaires.

De quoi inquiéter la Ligue des droits de l’homme, des syndicats enseignants (FSU, Unsa Éducation, Fédération de l’éducation CGT), l’une des principales fédérations de parents d’élèves (FCPE), ainsi que les plus importants groupes de lutte contre les dérives sectaires (Undafi, Caffes). Au total, quinze organisations signent ce 18 janvier une lettre ouverte à Jean-Michel Blanquer afin de « mettre un terme sans délais » à cette « expérimentation » : « La pratique sur des enfants mineurs d’une méthode qui peut aboutir à un conditionnement avec perte d’esprit critique et assujettissement de l’individu engendre des risques importants qui ne peuvent être négligés », alarment les signataires. Et leur courrier de souligner qu’entre 2018 et 2020, « la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) a fait l’objet de douze saisines pour des problèmes liés à la MPC concernant des mineurs ».

Qu’en est-il du côté des écoles ? « Même s’ils ne pensent pas mal faire, les professeurs qui introduisent la MPC en classe sont souvent formés par un webinaire de trois heures », constate Stéphanie de Vanssay, conseillère nationale de l’Unsa, qui pointe des « contre-indications médicales, notamment la dépression, difficile à détecter chez des enfants. » Pour Marie Drilhon, présidente de l’Association de défense des familles et de l’individu victimes de sectes (ADFI) Yvelines, « aller chercher en soi des ressources pour se sentir mieux, comme le veut cette méthode, pose problème chez des enfants victimes de violences familiales : ne pouvant améliorer leur sort, ils risquent de culpabiliser ! »

www.marianne.net


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