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L’extrême-droite et le Parti socialiste danois ont trouvé un terrain d’entente : protéger la liberté d’expression des enseignants, parfois soumis à un risque d'”autocensure” sur des sujets comme les caricatures de Mahomet, la Shoah ou les droits des femmes et des personnes LGBT : le Danemark compte prendre des mesures pour mieux protéger les enseignants face au risque d'”autocensure” sur certains sujets, a annoncé le gouvernement social-démocrate vendredi.

À la suite de propositions venant tant de l’extrême-droite que du parti socialiste danois, le gouvernement social-démocrate a annoncé vendredi 17 décembre entamer des discussions au Parlement début janvier sur “la liberté d’expression et l’autocensure”.

“Il est inacceptable qu’une autocensure ou une censure s’établisse à l’école par la violence ou les menaces, qu’il s’agisse par exemple de la crise des caricatures de Mahomet, l’Holocauste, les questions LGBT+, l’égalité ou la liberté sexuelle pour les femmes”, déclare le ministre de la Justice Nick Hækkerup dans un communiqué.

“La crise des caricatures de Mahomet”

La semaine dernière, l’opposition était parvenue à réunir une majorité en faveur de l’utilisation dans les écoles danoises de contenus pédagogiques consacrés aux caricatures danoises de Mahomet et à la grave crise qui avait suivie. Publiés pour la première fois par le journal danois Jyllands-Posten en 2005, ces dessins voulant incarner la liberté de représenter Mahomet avaient déclenché une vague inédite anti-danoise dans plusieurs pays musulmans début 2006.

Ces 12 dessins ont valu aux dessinateurs, au quotidien danois et au Danemark en général de nombreux projets et tentatives d’attentat.

La mort de l’enseignant français Samuel Paty, décapité après avoir montré des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression, avait réveillé le débat au Danemark sur les risques d'”autocensure” face aux menaces de fondamentalistes.

La crise des caricatures “est un événement marquant de l’histoire danoise et donc une part naturelle de l’enseignement. Nous ne devons et n’accepterons pas que des enseignants soient menacés, lorsqu’ils font leur travail”, a fait valoir le ministère. “Tous les professeurs doivent se sentir libres et en sécurité lors de leurs cours, et le Parlement a le devoir de leur assurer”, a-t-il insisté.

La violence liée aux caricatures danoises avait culminé en 2015 avec l’attentat qui a fait 12 morts à l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo à Paris, qui avait réimprimé les dessins en 2012.

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