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A la demande des lycéens, un débat sur la laïcité s’est tenu ce jeudi matin au lycée de Sada. Pour certains, l’interdiction du voile, jugé religieux, est incompatible avec l’installation d’un sapin de Noël dans l’entrée de l’établissement, que le proviseur qualifie de “commercial”. (…)

Un sapin de Noël est-il un symbole religieux ? Le châle tombe-t-il sous le coup de l’interdiction du voile à l’école ? Quelle frontière entre le culturel et le religieux “ostentatoire” ? Et quel sens donner à la laïcité à l’école ? Ce sont en substance les grandes interrogations soulevées durant les deux heures de débat qui se sont tenues entre des élèves du lycée de Sada, le recteur et deux experts en laïcité de l’Education nationale. (…)

Pourtant le sapin de Noël installé dans l’entrée du lycée, bien que d’origine païenne, reste associé à une fête chrétienne. “Moi ça me choque” tient à souligner une élève. Tout comme l’interdiction du port du “voile”, massivement rejetée par les élèves présents. Pourtant, les châles portés par la plupart des filles de l’auditorium ne seraient pas tolérés dans un établissement de métropole, et les foulards blancs ou noirs couvrant les oreilles de nombreuses lycéennes sont déjà éloignés du kishali bariolé et ample, cher à la femme mahoraise. (…)

Anli Boura, professeur d’histoire, lui répond. ” Le prosélytisme peut être actif, mais aussi passif : porter un signe religieux devant des jeunes en pleine construction, c’est une manière passive de prosélytisme, car on se réfère toujours à une référence, au groupe (…) C’est juste une question de loi et de règles qu’on a tous acceptées, c’est l’état de droit, c’est tout”. Et de rappeler que lors de sa propre scolarité à Mayotte, les foulards étaient presque inexistants dans les établissements scolaires. “Quand j’étais lycéen, je vous assure qu’il n’y avait pas une élève qui portait le voile dans l’établissement”. (…)

Autre point de questionnement, voire de crispation pour certains, la décoration du lycée avec des guirlandes, sur un sapin dans l’entrée, sur des cactus dans la cour. Une initiative des lycéens élus pour “animer le lycée où il ne se passe rien”. “Des personnes ont pris l’initiative de mettre des guirlandes, c’est l’aspect commercial, des élèves ont fait une proposition que j’ai agrée, lorsqu’il y aura l’Aïd, l’établissement est prêt à accepter des décoration, mais pas des textes religieux” a explique le proviseur. (…)

Journal de Mayotte

(Merci à Tara King)


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