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Des migrants subsahariens fuyant leurs pays protestent en Libye afin d’être évacués en Europe, ils dénoncent le mauvais traitement qu’ils subissent (MàJ : Des violences éclatent)

06/12/2021

Des violences ont émaillé le rassemblement organisé dimanche devant les locaux du HCR à Tripoli

Dimanche, des centaines de migrants, qui se sont installés début octobre devant les locaux du Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés à Tripoli, ont manifesté pour réclamer leur évacuation de Libye. Des violences ont émaillé le rassemblement : les migrants accusent l’agence onusienne, qui elle pointe du doigt la responsabilité des manifestants.

La situation devant le centre du Haut-commissariat des réfugiés aux Nations unies (HCR) à Tripoli ne cesse d’empirer. Depuis deux mois, des centaines de migrants, dont des femmes et des enfants, se sont installés devant les locaux de l’organisation pour réclamer leur évacuation de Libye et leur réinstallation dans un pays tiers. Certains sont des demandeurs d’asile ou des réfugiés.

Une “violence inacceptable” pour Jean-Paul Cavalieri, chef de mission en Libye du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

Lors de ce rassemblement, des violences ont éclaté. Difficile de savoir exactement ce qu’il s’est passé, tant les versions divergent. Selon le HCR, certaines personnes ont mis le feu devant le centre. “La police est venue pour éteindre l’incendie et ils ont reçu des pierres“, jetées par les manifestants, assure dans une vidéo le chef de mission du HCR en Libye Jean-Paul Cavalieri. “Cette violence est inacceptable“, estime-t-il.

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InfoMigrants


29/11/2021

Des migrants subsahariens fuyant leurs pays protestent en Libye afin d’être évacués en Europe, ils dénoncent le mauvais traitement qu’ils subissent

« 58 jours et nos voix n’ont pas encore été prises en compte. Nous continuons à mourir de faim et à tomber malades. #Evacuaterefugeesfromlibya »

Notre manifeste politique

Nous sommes des réfugiés et nous vivons en Libye.

Nous venons du Sud-Soudan, de Sierra Leone, du Tchad, de l’Ouganda, du Congo, du Rwanda, du Burundi, de Somalie, d’Érythrée, d’Éthiopie et du Soudan. Nous fuyons les guerres civiles, les persécutions, les changements climatiques et la pauvreté dans nos pays d’origine. Nous avons tous été poussés par des circonstances dépassant l’endurance humaine.

Nous voulions atteindre l’Europe en cherchant une seconde chance pour nos vies et sommes donc arrivés en Libye. Ici, nous sommes devenus la main-d’œuvre cachée de l’économie libyenne : nous posons des briques et construisons des maisons libyennes, nous réparons et lavons des voitures libyennes, nous cultivons et plantons des fruits et des légumes pour les agriculteurs libyens et les tables à manger libyennes, nous montons des satellites sur des toits élevés pour les écrans libyens, etc.

Apparemment, cela ne suffit pas aux autorités libyennes. Notre main-d’œuvre ne suffit pas. Ils veulent le contrôle total de nos corps et de notre dignité. Ce que nous avons trouvé à notre arrivée était un cauchemar fait de tortures, de viols, d’extorsions, de détentions arbitraires… nous avons subi toutes les violations possibles et inimaginables des droits de l’homme.

Et pas seulement une fois.

Nous avons été interceptés de force en mer par les soi-disant garde-côtes libyens – financés par les autorités italiennes et européennes – puis ramenés dans des prisons et des camps de concentration inhumains. Certains d’entre nous ont dû répéter ce cycle d’humiliation deux, trois, cinq, jusqu’à dix fois.

Nous avons essayé de faire entendre notre voix et de diffuser nos histoires. Nous les avons enseignées aux institutions, aux politiciens, aux journalistes, mais à part quelques rares personnes intéressées, nos histoires sont restées inaudibles. Nous avons été délibérément réduits au silence.

Mais plus maintenant.

Depuis le 1er octobre 2021, le jour où la police et les forces militaires libyennes sont venues dans nos maisons du quartier de Gargaresh et ont mené contre nous des répressions et des raids massifs impitoyables, graves et sans pitié. Des milliers de personnes ont été arrêtées arbitrairement et détenues dans des camps de concentration inhumains.

Le lendemain, nous sommes venus à titre individuel et nous nous sommes rassemblés au siège du HCR. Là, nous avons compris que nous n’avions pas d’autre choix que de commencer à nous organiser.
Nous avons élevé nos voix et les voix des réfugiés sans voix qui ont été constamment réduits au silence. Nous ne pouvons pas continuer à nous taire alors que personne ne défend nos intérêts et nos droits.

Nous sommes ici maintenant pour revendiquer nos droits et chercher à nous protéger dans des pays sûrs.

www.refugeesinlibya.org

En Lien :

Enquête sur le rôle de l’agence européenne de gardes-frontières Frontex qui encourage les rapatriements de clandestins en Libye, plutôt que sur les côtes européennes


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