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L’élue municipale LFI de Bagnolet et chroniqueuse chez Cyril Hanouna, Raquel Garrido, commente un début de campagne marqué par la percée, dans les sondages, d’Éric Zemmour, « gonflé à l’hélium télévisuel », selon elle. Elle estime par ailleurs que « Jean-Luc Mélenchon a une chance d’être au second tour ».

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Après les Gilets jaunes, l’ascension d’un populisme de droite incarné par Éric Zemmour ne consacre- t-elle pas l’échec de votre parti à faire émerger un peuple de gauche sur la scène politique ? Vous manquiez d’un récit populaire ?

Éric Zemmour n’est pas un candidat populiste. C’est le candidat d’une bourgeoisie française en colère contre ses anciens champions, notamment Chirac et Sarkozy. Zemmour charrie un vote aisé, conservateur, et recrute même dans une mouvance antirépublicaine d’essence monarchique, voire antisémite. Pour être populiste, il faut être populaire, ce qui n’est pas le cas de Zemmour, qui est plutôt populophobe. Il parle beaucoup de la France, mais n’aime pas les Français, y compris les Gilets jaunes, qu’il a copieusement critiqués quand il s’est aperçu qu’ils avaient des revendications sociales. C’est d’ailleurs ce soutien bourgeois qui génère un effet d’optique déformant dans les sondages, qui sont élaborés par des sociétés qui ont des panels incomplets. […]

Le pouvoir d’achat est la première préoccupation des Français et pourtant c’est la question de l’identité qui semble dominer dans le débat public… Est-ce un aveu d’échec ?

L’énergie consacrée par les pouvoirs d’argent pour changer la conversation est redoutable. Ils ont tellement peur que les Français prennent vraiment le pouvoir politique et bouleversent les équilibres politiques et économiques ! Cela dit, il ne faut pas avoir peur du débat, car je crois que l’identité républicaine des Français est un socle solide et majoritaire. Les Français sont attachés à la Révolution française, à la souveraineté du peuple, à l’égalité, à la liberté, à la fraternité. Notre devise nationale est un programme en soi, contesté depuis l’origine par la contre-révolution sous ses différentes formes : bonapartisme, restauration monarchique, pétainisme et, aujourd’hui, l’extrême droite. À chaque fois, le peuple français a trouvé le ressort de battre les adversaires de la République. Et si tels sont les termes du débat, nous gagnerons encore. La nation française est d’essence civique et non ethnique. Cela me semble être un acquis irréversible. […]

Vous êtes une intervenante régulière chez Cyril Hanouna dans Touche pas à mon poste. Les émissions de ce genre ont-elles vocation à faire vivre le débat politique plutôt que le service public ?

Le débat politique a sa place partout. Cyril Hanouna veut lutter contre l’abstention en retenant l’attention d’un public populaire, à mille lieues du mépris de classe. Je suis d’accord avec cet objectif. […]

Le Point


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