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Ce jeudi 7 octobre est le 450e anniversaire de la bataille de Lépante, le grand affrontement entre l’Empire ottoman et la Sainte-Ligue au cours duquel Cervantès, l’auteur de “Don Quichotte”, perdit sa main. Le théologien et historien Jean François Colosimo explique en quoi elle fut une bataille décisive pour l’avenir de l’Europe.

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Aleteia : quels enjeux politiques et religieux furent à l’origine de la bataille de Lépante, le 7 octobre 1571 ?

Jean-François Colosimo : l’Empire ottoman, établi sur trois continents et quatre mers, est la grande puissance navale de l’époque. Il domine la Méditerranée et ne cesse d’avancer, accumulant les conquêtes. Ayant déjà placé sous sa coupe la chrétienté orientale, il menace la chrétienté occidentale. Il s’est emparé de Constantinople, il ambitionne de prendre Rome. Et d’ainsi soumettre toute l’ancienne sphère des Césars au Croissant de l’islam. Le voilà qui attaque Chypre. L’Europe catholique, sous l’égide du pape dominicain Pie V, réunit alors ses forces autour de la Sainte-Ligue, alliance à laquelle la France, en butte à l’hostilité des puissances centrales qui la composent, ne participe pas. Mais le sentiment unanime est qu’il faut stopper le Grand Turc

A-t-on aujourd’hui une fausse représentation des causes de la bataille de Lépante ?

L’amnésie générale qui frappe notre conscience historique vaut aussi pour Lépante. On inscrit subliminalement cette bataille dans le registre offensif de la croisade alors qu’il s’agit d’un acte de stratégie défensive. Lépante cristallise le face-à-face entre deux mondes différents par le culte et la culture, la chrétienté latine et l’islam ottoman, mais il n’y a qu’un agresseur et c’est bien le sultan de la Sublime Porte pour qui la domination vaut démonstration de sa supériorité religieuse et politique. Ne pas comprendre Lépante revient, dès lors, à ne pas comprendre notre présent.

(…) Aleteia


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