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Le Courrier picard s’en était fait l’écho début septembre. Le malaise grandit de façon inquiétante au sein des services de la police municipale d’Amiens où douze postes sont aujourd’hui toujours vacants. Au point que le sujet a fait l’objet de vives passes d’armes jeudi soir lors de la séance du conseil municipal de rentrée. Départs et arrêts maladie en cascade, manque de reconnaissance de leur travail, manque d’effectifs, perte de moral, la liste des griefs est longue.

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« Nos policiers municipaux, qui ne sont pas heureux dans leur métier, méritent mieux que les missions infantilisantes que vous leur donnez », a tancé l’élu d’opposition Renaud Deschamps (du groupe Amiens au cœur) pour qui la situation était prévisible. « Ces départs ne datent pas d’hier, ils ont été signalés lors d’un mouvement de grève il y a un an et demi mais depuis, aucun changement majeur n’est intervenu et le bateau continue de couler. Les témoignages des policiers qui ont fait le choix de démissionner sont accablants, ils parlent d’impuissance à servir la population mais aussi d’équipements qui ne les protègent pas assez et leur fait craindre pour leur vie. Quand allez-vous enfin colmater la brèche qui fait démissionner les policiers amiénois les uns après les autres ? ».

Fustigeant « la caricature permanente » faite sur tous les sujets par l’élu d’opposition, Hubert De Jenlis, l’adjoint au maire en charge de la sécurité, a tenu à faire un point sur l’état réel des effectifs. À ce jour, 85 postes, tous services confondus, sont affectés à la police municipale amiénoise. Douze postes sont actuellement vacants, huit agents sont absents pour maladie et 65 agents sont réellement présents sur le terrain. « Les recrutements de policiers municipaux subissent depuis plusieurs années une tension très forte qui s’accentue de plus en plus. Les offres de poste sont supérieures au nombre de policiers disponibles, ce qui, de fait, facilite le turn-over et accentue le nombre de postes vacants », explique l’élu. Mais pour lui, les 12 postes vacants actuellement, dont ceux de deux cadres, ne sont pas liés au malaise dont l’opposition fait état mais au projet de création d’une brigade de soirée dans la ville d’ici la fin de l’année. « Les recrutements suite à des départs en retraite et aux mutations, et non pas les démissions comme vous le prétendez, sont justement, depuis la fin de l’année dernière, mis volontairement en stand-by afin de pouvoir recruter spécifiquement ces agents en fin d’an née ». Une brigade de soirée mais pas qu’à Saint-Leu Quinze policiers la composeront de manière à « répondre à la forte demande des habitants et des commerçants, la soirée étant une période très sensible lors de laquelle beaucoup d’infractions sont commises ». Il est prévu qu’elle ne soit pas axée uniquement sur le quartier festif de Saint-Leu mais sur l’ensemble de la ville. Ce jeudi soir, toujours selon Hubert De Jenlis, la brigade de nuit était opérationnelle avec deux agents de police municipale qui patrouillaient et pouvaient verbaliser. « Il en sera de même demain ce vendredi (ndlr : hier soir) à la même heure avec en plus, une opération vie nocturne qui regroupe neuf policiers supplémentaires jusqu’à 2 heures du matin », a-t-il précisé.

Courrier Picard


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