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De Stockholm à Paris, le long périple d’exilés afghans. Déboutés en Suède, des migrants arrivés dans le royaume scandinave en 2015 quittent par centaines le pays, pour rejoindre la France.

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En Suède, où il vivait depuis décembre 2015, le jeune homme, originaire de Ghazni (Afghanistan), avait épuisé tous les recours. Sous le coup d’un arrêté d’expulsion, il risquait d’être renvoyé en Afghanistan, même si sa famille se trouve actuellement au Pakistan. Munir a donc attendu la cérémonie de remise des diplômes dans son lycée – fier, il montre les photos sur son téléphone portable. Et puis il est parti, en quête d’une seconde chance, en France.

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Artiste verrier, la soixantaine, Eva Hallsten est celle que les réfugiés appellent quand ils s’apprêtent à quitter la Suède. Toujours au courant des meilleurs itinéraires, elle leur dit par où passer, comment éviter les contrôles et organise même des collectes pour financer les voyages de ceux qui n’ont pas d’argent. Informées de ses agissements, les autorités suédoises la laissent faire.

Son engagement a débuté en 2015, avec l’ouverture d’un centre de demandeurs d’asile près de chez elle. « J’ai organisé une fête de bienvenue et c’était parti », dit-elle. Cette année-là, 163 000 demandeurs d’asile arrivent en Suède, parmi lesquels plus de 40 000 Afghans, dont 23 480 mineurs isolés. Mais, très vite, ceux-ci cristallisent une opposition croissante à l’immigration : accusés d’avoir menti sur leur âge ou sur les raisons pour lesquelles ils demandent l’asile, plus de la moitié sont déboutés. Plutôt que d’être renvoyés en Afghanistan, ils vont tenter leur chance ailleurs.

L’association rassemble une vingtaine de bénévoles, surtout des Suédoises vivant en France, révoltées par la politique migratoire de leur pays d’origine. Sara Bussenot traduit leurs dossiers. D’autres membres proposent des cours de français, les aident dans leurs démarches. Pour eux, la France représente la dernière chance. Ils s’accrochent aux chiffres : « Près de 80 % des Afghans y obtiennent un titre de séjour en première instance », précise Sara Brachet. En Suède, c’est deux fois moins. 

Arrivé en avril, Adam a eu de la chance : le jeune homme n’a pas été « dubliné » (du nom du règlement Dublin qui prévoit que les demandes d’asile soient examinées par le premier pays de l’Union européenne dans lequel la personne a été enregistrée). C’est comme s’il n’était jamais passé par la Suède. 

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Le Monde


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