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19/08/2021

Quand Emmanuel Macron a pris la parole lundi 16 août, Fatima A. n’a pas manqué un mot du discours du président français. “J’ai attendu jusqu’à deux heures du matin pour pouvoir lire des articles sur ce que le président français avait dit au sujet des Afghans. Il a mentionné les auxiliaires de l’armée française. J’espère que c’est mon cas et que la France ne m’abandonnera pas.

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Le chef de l’État a affirmé lors d’une allocution télévisée que la priorité de Paris était d’évacuer les Français encore présents en Afghanistan, notamment des diplomates, des humanitaires et des journalistes, dont le nombre est évalué à quelques dizaines.

Mais “notre devoir et notre dignité” est aussi “de protéger” les Afghans qui ont aidé la France et sont, de ce fait, menacés par les Taliban, qu’ils soient “interprètes, chauffeurs ou cuisiniers“, a ajouté Emmanuel Macron.

« Le flou total »

Des mots qui ont redonné un peu d’espoir à la jeune femme et à son avocat, Antoine Ory. Avec d’autres avocats, ce dernier tentait, mardi, de produire une liste d’auxiliaires de l’armée française toujours à Kaboul pour la communiquer au quai d’Orsay.

C’est le flou total. Nous n’avons aucune information sur la façon dont pourrait se passer leur éventuel rapatriement“, déplore-t-il. Pourtant le temps presse. Le départ des derniers Occidentaux risque de marquer le début d’une grande vague de violences.

Maintenant les Taliban sont en train de recueillir des informations concernant les habitants de Kaboul. Ils attendent que les Américains partent puis ils vont assassiner tous ceux qui ont travaillé avec les forces étrangères. Les jours et semaines à venir seront horribles“, prédit Fatima A.

Depuis l’arrivée des combattants islamistes dans la capitale afghane, la jeune femme n’est pas sortie de chez elle, de “peur d’être identifiée“. Il y a quelques semaines, elle été explicitement menacée de mort par un oncle pour son emploi auprès de l’armée française. “On ne sait pas où il est. Je crains qu’il m’ait déjà dénoncée aux Taliban“, souffle la jeune femme.

Selon elle, les Taliban auraient déjà “commencé à fouiller les maisons à l’ouest de Kaboul“. “C’est là où les Hazaras [minorité chiite particulièrement ciblée par les Taliban NDLR] habitent.

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InfoMigrants


29/07/2021

Au moment d’une offensive généralisée des talibans en Afghanistan, le tribunal administratif de Paris a refusé mercredi 28 juillet d’accorder en urgence un visa à une ex-auxiliaire afghane de l’armée française, estimant non « attestée la réalité de se) craintes » pour sa vie, selon une décision consultée jeudi par l’AFP.

Fatima A., Afghane employée un an comme auxiliaire sur une base française entre 2012 et 2013, a sollicité dès 2019 du ministère des Armées la protection de la France, qui l’a refusée mi-2020. La femme de 28 ans a récemment déposé un référé contre ce refus et demandé un visa, estimant que son emploi passé et la situation actuelle l’«exposent à de graves dangers». Mais le tribunal administratif de Paris a estimé mercredi que les éléments produits par Fatima A. «ne permettent pas d’attester la réalité des craintes qu’elle invoque pour établir l’urgence» à remettre en cause le refus français.`

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« Pas particulièrement ciblés » par les talibans

Lors d’une audience mardi, le ministère des Armées s’était à nouveau opposé à la requête de Fatima A., estimant qu’elle n’apportait « aucun élément pour établir la matérialité de cette menace réelle, actuelle et personnelle », un critère de la justice française. Dans leur mémoire, les services de Florence Parly estiment que les talibans « visent surtout le pouvoir en place » dans leurs attentats mais « cherchent toujours à rassurer la population et à l’épargner au maximum dans ses actions de terreur ».

Selon une note de l’Ambassade de France en Afghanistan du 3 juin produite par le ministère, les personnels civils afghans ayant servi la France ne sont « pas particulièrement ciblés » ni même « officiellement menacés » par les talibans. Depuis cette note, Abdul Basir, 33 ans, un ancien employé des forces françaises, qui s’était vu refuser à deux reprises un visa, a été retrouvé mort par balles le 19 juin dans la province du Wardak limitrophe de Kaboul où sévissent les talibans.

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Le Figaro


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