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Elle est devenue le symbole du débat sur le retour controversé dans leur pays des réfugiés syriens détenteurs d’un titre de séjour temporaire. Son avocat, Niels Erik Hansen, a fait appel de la décision de l’Office de l’immi­gration. « Je ne veux pas retourner à la mort. J’ai participé à des manifestations contre le régime. Tant que je suis au Danemark, je suis en ­sécurité », a-t-elle supplié devant l’instance de recours présidée par un juge.

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Selon son avocat, « la très grande médiatisation de cette affaire a joué un rôle dans la décision de la commission tout comme les propos négatifs d’Aya sur le régime d’Assad ». Ce cas n’est pas unique. Environ 40 % des dossiers de permis de séjour révoqués des Syriens par l’Office de l’immigration ont été annulés par la commission de recours, selon Stig Torp Henriksen, son directeur.

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La volonté de renvoyer les Syriens ne se traduit pas dans les faits, freinée légalement ­par l’instance de recours des ­réfugiés. De 2011, début de la guerre en Syrie, au 1er janvier 2021, 28 931 Syriens sont arrivés au royaume scandinave : 26 016 y vivent encore aujourd’hui. Même tendance pour les autres grands groupes de réfugiés recensés durant la période 2011-2017 : 94 % des Érythréens, 89 % des Iraniens, 97 % des Afghans et 65 % des Somaliens sont toujours au Danemark.

Pour Thomas Gammeltoft-Hansen, professeur de droit à l’université de Copenhague, « c’est une noix qu’aucun pays européen n’a réussi à casser. En pratique, il est très difficile d’assurer le renvoi des réfugiés ». « Nous sommes forcés de constater que notre idée d’un permis de séjour provisoire ne tient pas la route », reconnaît le ministre de l’Immigration, Mattias Tesfaye. Et d’ajouter : « À la longue, notre société ne pourra pas supporter un tel fardeau » de résidents temporaires devenus ­permanents.

Le Figaro


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