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Raffaele Simone, intellectuel de la gauche italienne : « La xénophobie est une volonté de protéger son intégrité »

Raffaele Simone n’est pas un libelliste de la droite post-mussolinienne, mais un intellectuel respecté de la gauche italienne. Une sorte de Régis Debray, tout aussi pessimiste, eurosceptique et bougon. Mais il n’a pas les timidités de ce dernier sur la question migratoire.

Son pavé dans la mare s’adresse aux bien-pensants de l’Europe entière, partisans de l’accueil indifférencié et à fonds perdu des migrants venus en Europe trouver le confort d’une démocratie sociale. Car le but de ce texte est de contrer énergiquement ceux qui ont choisi la logique de soumission bien réfléchie: il faut se soumettre aux musulmans (quelle que soit leur nature, douce ou dure) parce qu’ils ont la jeunesse et parce qu’ils rendent à l’Occident la monnaie de sa pièce. Ceux qui ont conquis seront conquis: la roue tourne.

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Simone a d’ailleurs raison de rappeler que l’attitude xénophobe n’est qu’une des formes normales du désir de persévérer dans son être. Qu’elle est « une réaction psychique spontanée de peur à l’égard de ce que l’on ne connaît pas, de ce qui n’est pas familier ». (…) Preuve en est: la xénophobie est une passion sociale répandue dans presque tous les groupes humains. Et on ne rencontre la xénophilie spontanée que dans des contextes particuliers et rarissimes. La xénophobie n’est donc pas un racisme, mais la manifestation ethnocentrique naturelle d’une volonté de protéger son intégrité aussi bien spirituelle que physique. Le racisme, en revanche, est bien autre chose. Ce n’est pas une réaction instinctive, c’est une théorie politique qui prétend rendre légitime l’assignation d’une race à une position subalterne. L’attitude xénophobe peut être surmontée quand un modèle assimilationniste garantit que l’étranger deviendra un semblable. Le xénophobe peut aussi se transformer en raciste. Mais les phénomènes qui nous occupent dans l’Europe contemporaine n’ont rien à voir avec du racisme. Simone a raison de le marteler.

Il s’agit en effet d’un enjeu plus profond, du moins tel qu’il est pensé par les partisans de l’accueil inconditionnel, dont l’offensive idéologique se déploie sur tous les fronts: féminisme, décolonialisme, multiculturalisme. Selon les membres de ce «Club radical», comme les nomme l’auteur, il faut que l’Occident s’offre en sacrifice pour expier les fautes commises. Ce sacrifice doit aller beaucoup plus loin que l’exercice de lucidité mémoriel que s’est imposé l’Allemagne après l’holocauste. Il s’agit d’un exercice de renoncement à soi qui demande à l’Occident de s’abolir. Au fond, il n’y a que deux directions possibles. Celle voulue par les immigrationnistes suppose que l’Europe n’a pas d’autre choix que de se laisser enfanter à nouveau, si l’on peut dire, par ceux venus d’ailleurs: un nouveau peuple en sortira. L’autre solution est suggérée par l’auteur: « Au lieu de dépenser des sommes énormes pour faire face à l’immigration, ne serait-il pas mieux d’établir une politique d’aide aux jeunes couples et un réseau de services pour les aider à s’occuper de leurs enfants ? »

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Le Figaro


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Le 18 Novembre 2016 sur France Inter


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