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À Toulouse, 30 à 40 % des livreurs sont des clandestins. La livraison à domicile, un job vital pour ces dizaines de travailleurs en attente de régularisation ou en situation irrégulière. Certains y voient « une exploitation de la misère » par des plateformes dont l’une, Deliveroo, vient de faire son entrée en Bourse le 31 mars. À l’heure du couvre-feu, dans les rues quasi désertes de la Ville rose, on les voit pédaler toujours plus vite sur des vélos d’infortune. 

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Parmi eux, Younès, 25 ans, Soudanais, demandeur d’asile, travaille en toute clandestinité.

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Mais sur le terrain, la pratique s’étend par le bouche-à-oreille et la solidarité communautaire. « J’ai travaillé avec deux comptes », poursuit Younès. Le premier appartenait déjà à un demandeur d’asile qui louait lui-même un compte. Le second était celui d’un livreur français. En général, le partage des gains est de 60 % pour le titulaire du compte et 40 % pour celui qui le sous-loue. Il y a des gens qui proposent aux sans papiers ce type de partage, c’est moitié-moitié. Si en une semaine je gagne 100€, je verse 50€ au détenteur du compte. En général je travaille 60 heures par semaine pour 300€. Par mois, je peux gagner autour de 1 000€. Le prix des courses a baissé. Quand je prends une commande c’est 5€ mais la seconde est payée 1€ ou 95 centimes, à l’autre bout de la ville ». Younès n’a pas participé au rassemblement des livreurs en colère vendredi 26 mars à Toulouse. « J’ai besoin de ce job pour vivre même si ce n’est plus assez bien payé ». 

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Un peu partout en France, des enquêtes sont en cours, menées par les gendarmes de l’Office central de lutte contre le travail illégal. Les investigations ont déjà permis de repérer des structures criminelles élaborées se livrant à des formes graves d’exploitation par le travail : confiscation de documents administratifs et chantage pour travailler davantage au service de filières étrangères. Une pratique condamnée par Deliveroo qui envisage de développer, selon Damien Stéffan, représentant du groupe en France, « une technique de reconnaissance faciale pour déjouer les fraudes ».

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La Dépêche


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