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26/01/2021

Cinquante-cinq militantes féministes universalistes appellent les parlementaires à renforcer le projet de loi séparatisme en débat à l’Assemblée nationale.  

Nous, féministes engagées pour les droits des femmes, le progrès social et l’égalité, nous luttons contre toutes formes de domination patriarcale et soutenons les femmes et les hommes qui, ici comme dans d’autres pays, mènent un combat, souvent au risque de leur vie, contre les fondamentalismes politico-religieux.  […]

Nous regrettons d’autant plus les silences du texte sur des sujets essentiels :

Alors qu’est bien posée l’extension de l’obligation de neutralité du service public aux organismes auxquels ont été confiées des missions de service public, rien n’est dit sur la nécessaire neutralité des collaborateurs et collaboratrices occasionnels du service public. […]

Les bonnes intentions manifestées pour le sport, en raison de son rôle dans la sociabilisation et la formation, notamment des jeunes, sont insuffisantes, et doivent être complétées, comme l’a souligné le Conseil d’État dans son avis, en précisant les obligations des fédérations délégataires dont le contrat avec l’État devrait comporter l’engagement du respect – par leurs agents aussi bien que par les sportives et sportifs – d’une stricte neutralité telle que définie dans la règle 50 de la Charte olympique. (article 25)

Alors que le contrôle renforcé des établissements scolaires hors contrat et de l’instruction en famille se veut répondre à des dérives avérées, dont la ségrégation précoce des petites filles soustraites à l’instruction publique, nous ne pouvons admettre l’éviction brutale de l’amendement visant à interdire le marqueur sexiste, séparatiste et de maltraitance sur enfants qu’est le voilement des fillettes, qui plus est, au motif scandaleux que cela « polluerait » le débat !

Nous demandons aux parlementaires d’amender le projet de loi selon ces orientations.

Le Point (avec la liste des signataires)

25/01/2021

La majorité s’inquiète que l’examen du projet de loi « séparatisme », qui débute le 1er février à l’Assemblée nationale, soit pollué par la question du voile que veulent mettre en avant la droite et une partie des députés La République en marche.

 « Je regrette qu’on ait passé autant de temps sur un sujet qui n’était pas dans le texte », souligne un membre LRM de la commission spéciale.  Durant les neuf premières heures des débats, plusieurs députés Les Républicains (LR) et LRM ont soutenu des amendements pour interdire le port ostentatoire de signes religieux dans certains lieux publics ou dans le cadre de l’exercice d’une mission de service public.

 « A l’Assemblée, il n’y a pas de débat interdit. Nous entendons bien introduire dans la discussion parlementaire des sujets comme le port du voile », avait affirmé lundi 18 janvier la députée LR du Doubs Annie Genevard, face au ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. Avant le début de la séance, plusieurs dizaines d’amendements LR sur le voile, l’immigration ou encore la radicalisation avaient été jugés irrecevables par la commission spéciale au nom de l’article 45 de la Constitution.

Des députés LR dont Eric Ciotti ou encore Anne-Laure Blin ont pu néanmoins défendre leurs amendements sur l’interdiction du port du voile à l’université. Le député LRM du Cher François Cormier-Bouligeon a, quant à lui, porté plusieurs amendements pour étendre la neutralité aux collaborateurs occasionnels d’un service public, visant en premier lieu les mères accompagnatrices voilées. Tous ces amendements, bien que rejetés, témoignent d’une première offensive à droite comme chez les partisans d’une laïcité ferme dans la majorité pour que le sujet soit une nouvelle fois débattu.  […]

Le Monde