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La décision prise par le pouvoir organisateur Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE) de généraliser l’autorisation du voile dans les écoles relevant de son autorité est surprenante, hâtive et dangereuse. Surtout, dans le contexte sanitaire et social des plus difficiles que nous traversons où l’enseignement se fait à distance. Il n’y avait, donc, aucune urgence d’ordre pédagogique qui pouvait justifier un tel positionnement. Sauf à vouloir créer des tensions inutiles.

Car on sait pertinemment que le sujet de la neutralité scolaire n’est pas des plus apaisés. Il traîne en longueur depuis …1989. Pourquoi, alors, une telle communication à un moment si peu opportun ? D’autant plus que l’avis étoffé de la Cour constitutionnelle rendu le 4 juin 2020 dans l’affaire de la Haute école Francisco Ferrer nous invitait à une certaine prudence et stipulait, clairement, que la décision de règlementer le port des signes convictionnels relevait de l’autorité de chaque école en fonction de ses propres impératifs.

Plus largement, cette décision pourrait être perçue comme le signal tant attendu par des lobbies politico-religieux relayés par certains partis politiques qui sont à la manœuvre dans plusieurs communes dans la Région Bruxelles-Capitale pour faire sauter le verrou de la neutralité des agents communaux.

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Selon une autre étude – (Disponible ici) -, cette fois-ci menée par les deux chercheurs, Joël Kotek et Joël Tournemenne dans la Région Bruxelles-Capitale dans 38 établissements, tous réseaux et filières confondus, les jeunes musulmans francophones de Bruxelles auraient trois fois plus de préjugés antisémites, homophobes et sexistes que les athées par exemple. Ce sont bien moins les facteurs socio-économiques que les représentations culturelles et religieuses qu’il faut interroger, affirment les deux chercheurs. C’est dans ce sillage des « représentations » qu’il s’agit de resituer le voile.

Porter un voile à un âge aussi jeune n’est donc pas à prendre à la légère pour un pédagogue dont la mission ultime n’est certainement pas de conforter l’élève dans les représentations qu’il se fait de lui-même et du monde mais de le dégager de toute pression, de lui offrir un espace de liberté gouverné par la raison.

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L’Echos