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Mila exclue de son lycée militaire : la « lettre aux lâches » de son père

Depuis la publication d’une vidéo dans laquelle elle critiquait violemment l’islam, la lycéenne, menacée, vit sous protection policière et a dû quitter son établissement scolaire. Sur les réseaux sociaux, les intimidations du même genre prolifèrent.

Un an que sa vie a basculé. Ce sont plus de 50.000 messages de haine que la jeune Mila a reçus depuis ce samedi de janvier 2020 où, sur Instagram, elle avait posté une virulente vidéo, s’en prenant, en termes très crus, à l’islam. Aujourd’hui sous haute protection policière, instruite à domicile, elle voit ses rêves de «briller sur scène» brisés, avec «des morceaux un peu partout»…

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Alors que les députés s’apprêtent à débattre du projet de loi «séparatisme» visant à «conforter les principes républicains», Mila continue de recevoir «une trentaine de messages haineux à la minute». Une enquête a été ouverte en décembre par le parquet de Paris, au profit duquel le parquet de Vienne s’est dessaisi, du chef de «menaces de mort matérialisées par écrit, image ou autre objet» et «harcèlement moral au moyen d’un service de communication en ligne». L’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH), auquel ont été confiées les investigations, a identifié «une cinquantaine de publications litigieuses à ce stade». Plusieurs mineurs ont déjà été mis en examen. L’un aurait affirmé avoir«fait le boulot que les juges et la police ne font pas»… En octobre, un Gersois de 23 ans a été condamné à trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, pour avoir proféré des menaces sur internet et mimé un égorgement.

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À l’époque, l’activité autour de Mila dépassait le nombre de messages ordinairement échangés lors d’un événement comme la Coupe du monde de football. À tel point que son histoire va devenir un cas générique, avec des #JeSuisMila affrontant des #JesuispasMila.»

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Mais autour de Mila, c’est la tempête. «Elle l’a cherché, elle assume», assène le délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri. Le président du CFCM Mohammed Moussaoui le reprend: «Rien ne saurait justifier les menaces de mort à l’égard d’une personne, quelle que soit la gravité des propos tenus.» Côté politiques, on réagit aussi en ordre dispersé: «L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave, mais ça n’a pas à voir avec la menace (de mort)», affirme la ministre de la Justice de l’époque, Nicole Belloubet, avant d’admettre une maladresse. «Ériger une adolescente qui manque de respect en parangon de la liberté d’expression? Sûrement pas», s’offusque pour sa part l’ex-ministre socialiste Ségolène Royal. Une partie de la gauche, des associations féministes et LGBT, tarde à apporter son soutien à l’adolescente, répugnant à «faire le jeu de l’extrême droite». Une enquête réalisée en février par l’Ifop indique que la jeune Iséroise a le soutien de 53 % des Français.

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Même le chef de l’État reconnaît à demi-mot cette défaite de la puissance publique. «Vous avez une jeune fille qui critique l’islam sur les réseaux sociaux, elle est harcelée, elle ne peut même plus être dans une école, s’est ému Emmanuel Macron sur le média en ligne Brut., début décembre. Ça veut dire qu’on est devenu fous, et que les gens ne respectent pas un principe fondamental de la République qui est ce qu’on appelle la laïcité.» Fous? «C’est balayer la question d’un revers de main, déplore l’essayiste Céline Pina. Dans le mot folie, on met ce que l’on compte ne pas traiter.» «Ça veut dire que sur notre sol, à partir du moment où l’islam radical désigne une cible, on l’abandonne parce que ça devient trop difficile de la protéger!, s’insurge la fondatrice du mouvement Viv(r)e la République. Non seulement rien n’a changé, mais on voit peu de réactions alors que la violence ne cesse de monter absolument partout.

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Pour se faire un peu d’argent de poche, elle propose ses dessins. «Elle a compris que son existence avait basculé dans autre chose, conclut Me Malka. Cela va la faire mûrir en accéléré. De toute façon, elle sera marquée à vie. Ce sera peut-être son combat.»

Le Figaro