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Avec un taux de natalité en chute libre et une population active en baisse constante, le Japon tente de faire face en innovant dans la robotique plutôt qu’en ouvrant ses frontières à une main-d’œuvre étrangère.

(…) Loin d’être un gadget, ce robot remplace une hôtesse qui coûterait plus cher… et qui est de plus en plus difficile à trouver sur le marché du travail. Mais les robots réussiront-ils à éviter le recours à la main-d’œuvre étrangère que le gouvernement conservateur au pouvoir est si réticent à développer ?

« Le Japon a atteint un niveau de dépopulation et de vieillissement historique, rappelle Toshihiro Menju, expert de la population et des travailleurs migrants au Centre japonais des échanges internationaux à Tokyo. Le taux de fécondité, 1,4 enfant par femme, est un des plus bas au monde et 30 % de la population a plus de 65 ans, sur 126 millions d’habitants. Nous ne pourrons pas éviter d’ouvrir nos frontières aux immigrants. »

Dans l’empire de la haute technologie pullulent les robots de toutes sortes dans les aéroports, gares, hôpitaux, épiceries ou grands magasins. « Les Japonais sont à la pointe et s’imaginent avoir trouvé la solution au manque de main-d’œuvre, ajoute-t-elle, mais les robots n’éviteront pas l’ouverture des frontières aux étrangers. »

Face à une opinion publique très réticente, le gouvernement laisse entrer ces derniers au compte-gouttes. Ils sont déjà 1,3 million (un chiffre qui a doublé depuis 2000), avec des contrats limités et souvent précaires, mais c’est loin d’être suffisant. Insulaire et excluante, la société japonaise ne veut pas être « envahie » d’étrangers. « On ne veut pas de migrants pauvres qui mendient dans les rues comme en Europe », affirme une commerciale japonaise de 37 ans à Tokyo qui reconnaît toutefois qu’il « va bien falloir les accepter ». À côté des robots.

La Croix