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Professeur d’espagnol au collège Albert-Camus de Perpignan, Lola ne rentrera pas en cours au terme de l’arrêt maladie qui lui est prescrit depuis le 18 septembre dernier. Ce vendredi-là, l’enseignante a été agressée en pleine classe par deux de ses élèves, sans recevoir “le moindre soutien de ma hiérarchie” oppose-t-elle, traumatisée. 

(…) Lola, qui témoigne sous un prénom d’emprunt et le couvert de l’anonymat par peur des représailles, instruit l’espagnol au collège Albert-Camus de Perpignan. “C’est fini pour moi, je quitte l’Education nationale. Je refuse de continuer plus longtemps à servir une institution qui ne me défend pas” , démissionne la victime en souffrance.

(…) Lola prend peur. “Je mesure 1m55, eux font 1m80.” S’ensuit des cris et une bousculade qui durent de longues minutes. Jusqu’à la confrontation. “Ils avaient de la haine contre moi. L’un d’eux m’a attrapée par l’épaule. Je me suis agrippée à la poignée de porte. Il s’est enfui au fond de la salle pour sortir et revenir tenter d’enfoncer la porte de l’extérieur tandis que son ami me coinçait.” Soudain, “sous le coup d’une poussée plus virulente destinée à me faire mal”, elle sent son bras céder. “J’ai tout lâché, ils en ont profité pour partir.”

(…) “Amusés par la scène”, les autres élèves se lèvent et disparaissent tandis qu’elle se précipite dans le bureau du principal. “J’étais en larme, il m’a demandé un rapport dans la demi-heure, me disant qu’il ferait son enquête avant de prendre une décision.” La professeur, elle, n’attend pas. Elle file chez le médecin qui constate des douleurs aux poignets et au coude droit ainsi qu’un sévère état de choc.

(…) Enfin, elle téléphone aux familles des adolescents. “Je voulais leur expliquer le motif de ma plainte, mais ils m’ont hurlée dessus, ils m’ont traitée de raciste et m’ont menacée de retourner la plainte contre moi.

Trois jours plus tard, un mail du collège l’informe de la sanction prise par l’établissement à l’encontre des deux élèves.Deux jours de suspension pour comportement irrespectueux, c’est tout, alors que je réclamais leur exclusion”, dénonce la victime, furieuse de se voir également proposer une rencontre avec les familles. “Non seulement ma hiérarchie ne m’a pas soutenue mais elle a voulu me faire culpabiliser, le principal n’a rien trouvé d’autres que de me conseiller de changer ma façon de travailler”, s’offusque-t-elle, aujourd’hui déterminée à sécher ses larmes.

(…) L’Indépendant


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