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Derrière l’intérêt sexuel de certains Blancs pour les Noirs se cache une forme de racisme, basé sur des stéréotypes datant de la colonisation. Les conséquences psychologiques sur les individus qui subissent cette fétichisation raciale peuvent être violentes

Ce sont de petites phrases qui s’invitent en boîte de nuit, sur les applications de rencontre et dans la chambre à coucher. «C’est systématique: lorsque des hommes blancs me draguent, ils utilisent un champ lexical animalier ou culinaire pour parler de mon corps noir, soupire cette membre du Collectif Afro-Swiss, afro-féministe et antiraciste. Ils vont me dire: «Vous, les Noires, vous êtes des tigresses, des lionnes», «J’ai envie d’un chocolat chaud» ou encore «Je veux vivre un safari avec toi». Sans être dans un jeu sexuel consenti. Pour eux, je suis une expérience exotique. C’est chosifiant.» Elle souhaite garder l’anonymat, après avoir essuyé des torrents d’insultes racistes sur les réseaux sociaux à la suite d’une apparition médiatique.

Un racisme particulier: la négrophilie

Moins thématisée que les violences policières ou les discriminations en marge des manifestations antiracistes de ces derniers mois, cette forme de racisme porte un nom: la négrophilie. Elle a plusieurs visages. «Je me suis souvent retrouvée face à des Blancs fans de hip-hop qui me disent que je ressemble aux filles dans les clips de rap et qui ne sortent qu’avec des Noires ou des métisses, raconte par exemple Maimouna Mayoraz, une trentenaire lausannoise. Ce n’est pas très agréable, on m’affuble de cette identité-là. Avant d’être moi, je suis cette meuf métisse.»

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Le Temps


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