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Jérome Degallaix, chercheur CNRS à l’Institut de Physique des 2 infinis de Lyon (IP2I Lyon, CNRS / Université Claude Bernard), décrypte pour nous la particularité de cette découverte.

Pouvez-vous nous résumer ce que vous avez observé ?

Il existe, sur terre, un certain nombre de détecteurs gravitationnels, qui ont été construits il y a une vingtaine d’années. Ces outils scientifiques enregistrent les signaux de l’espace, qui peuvent venir de très loin et, particulièrement, les signaux de l’espace-temps. Ce type de signaux se manifeste lorsque des « objets » très massifs se déplacent très vite -10% de la vitesse de la lumière, c’est phénoménal- et se rencontrent. Les trous noirs sont typiquement le type d’objets lourds que l’on entend. Il s’agit en tout cas d’astres très denses, dont la masse, qui fait plusieurs fois la masse du soleil, est concentrée sur une surface très petite, équivalente à la Ville de Lyon, par exemple. On parle d’astre “compact”. Généralement, ils ne se trouvent pas dans notre système solaire, ni même dans nos galaxies. Ils sont aux confins de l’univers. Il arrive que ces astres capturent un objet avec lequel ils fusionnent.  Au moment de cette fusion se produit une émission d’ondes gravitationnelles. C’est ce type d’événement que l’on a détecté.

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En quoi cette découverte peut-elle être utile ?

On nous pose souvent cette question. Je pourrais vous dire « A quoi cela sert-il de comprendre une éclipse de soleil ? » En résumé, cela nous instruit sur notre environnement. En particularité, ce type d’événement nous permet de tester la relativité générale d’Einstein, dans des régimes inédits. C’est le meilleur moyen de tester cette théorie à l’échelle de l’univers. Et puis, cela nous renseigne aussi sur toute l’évolution des trous noirs, dont on peut suivre la généalogie. Et on peut mieux comprendre l’univers lointain. Dans l’univers, les conditions sont extrêmes. Et ce genre d’événement nous permet de les tester. Pour le moment, ce que l’on observe confirme tout ce que l’on connaît, mais peut-être qu’un jour la théorie ne fonctionnera plus, et on trouvera des événements totalement atypiques.

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L’article dans son intégralité sur France 3

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