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Quelques mois après le discours guerrier sur « l’hydre islamiste » qu’il a prononcé au lendemain de l’attaque à la Préfecture de Paris, le Président Emmanuel Macron propose de livrer un plan d’action contre un ennemi à qui il a désormais trouvé un nouveau nom : le séparatisme.

[…] Dans cette « histoire de mots », il devient impossible de parvenir à un débat serein, sérieux et profond. Le mot « séparatisme » intervient dans ce flou, et ne fait pas grand chose pour le clarifier. Mais il a le mérite de faire résonance avec une idée qui, en réalité, a déjà fait son chemin depuis plusieurs années dans les théories de la droite extrême : l’idée qu’il existerait des « territoires perdus de la République », voire des « territoires conquis », des territoires qui voudraient se séparer de la Nation. Cette idée, en plus de nourrir le fantasme du « grand remplacement », définit à nouveau la France comme une zone de guerre (la notion de « territoire » renvoie aux notions de conquête et de colonisation) qu’il faudrait désormais, dans ce plan que veut proposer Macron, reconquérir.

La notion de « séparatisme », replacée dans son contexte guerrier, résonne donc assez fortement avec le discours d’Eric Zemmour à la Convention de la Droite, lorsqu’il a établi un lien, dans un ton qui n’a rien à envier aux discours fascistes, entre la présence musulmane en France et… la colonisation, par les Européens, des Amérindiens. Ce lien avait déjà été établi par le groupuscule identitaire extrémiste « Volontaires pour la France », qui exhorte les « français de souche » à se réveiller s’ils ne veulent pas finir exterminés comme les Amérindiens.

Évidemment, cette comparaison est d’autant plus ridicule que si elle devait être faite, ce serait plutôt les populations indigènes musulmanes qu’il faudrait rapprocher des Amérindiens. […]

CCIF


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