Fdesouche

« C’est à cause de l’interdiction, inexpliquée, d’intervenir rapidement au Bataclan, imposée à la BI que vous devez de lire ce livre. Les autres problèmes auxquels ces policiers sont confrontés n’auraient pas suffi à les faire sortir de leur réserve s’il n’y avait eu ces délais imposés durant les attentats. C’est la goutte d’eau qui a décidé certains policiers à sortir de ce silence très ancré dans la culture policière. Malgré les risques de rétorsion auxquels ils s’exposent de la part de leur hiérarchie. » Dans son nouvel ouvrage « BI : Brigade d’intervention » (éditions Le Cherche Midi), sorti le 23 janvier dernier, la journaliste d’investigation Laurence Beneux dévoile pour la première fois les coulisses de cette brigade d’élite ultraconfidentielle et révèle témoignages à l’appui les dessous de leurs exploits comme de leurs ressentiments.
[…]

Encore aujourd’hui, les raisons de ce retard coupable restent inconnues. « Il y a par contre un consensus chez tous les opérateurs d’intervention que j’ai entendus, écrit Laurence Beneux. Tous pensent que les commissaires des grosses sections, les directeurs, sont souvent des politiciens carriéristes, qui ont “le bras long” et qui se préoccupent d’image bien avant de se préoccuper de la sécurité des gens. » La journaliste d’investigation précise aussi que « c’est leur état-major, encore, qui a renvoyé à leurs rédacteurs des rapports qu’on avait amputés des lignes mentionnant cette attente contrainte, parce qu’il n’était pas “utile” de préciser ces détails ». D’ailleurs, « des membres de l’enquête parlementaire ont rendu visite à la Brigade d’intervention, mais elle n’est pas citée spécifiquement dans le rapport d’enquête ». Plus tard, les autorités feront même miroiter aux héros une éventuelle Légion d’honneur avant de la leur refuser.
[…]

Plus incroyable, des opérateurs d’astreinte, qui n’ont pourtant pas dormi depuis 72 heures, sont même rappelés le week-end suivant pour contrôler des invités du chef de l’État ! « C’est le tollé à la brigade », raconte Laurence Beneux. « La direction insiste. Il faut quatre policiers d’astreinte, en civil, pour sécuriser le déplacement présidentiel. Les membres de la Brigade d’intervention n’iront finalement pas sur la mission, mais “le simple fait qu’on ait pu nous donner cet ordre montre bien le peu de considération qu’on nous porte”, commente Tristan », un membre de la BI.
[…]

Trois ans plus tard, lors du lancement des missions « appui-feu GSPR », énième mesquinerie. La direction accepte d’acheter trois véhicules à la Brigade mais refuse d’investir dans leur blindage, contraintes budgétaires oblige ! « Vous savez comment on appelle une voiture non blindée sur laquelle on tire ? Un cercueil… », lâche un agent.
[…]

Valeurs Actuelles

Fdesouche sur les réseaux sociaux