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Cette intervenante du centre éducatif fermé de Tonnoy, qui accueille de jeunes délinquants multirécidivistes, sera jugée fin mars pour atteinte sexuelle et corruption de mineurs.

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Entendus, deux jeunes âgés de 16 ans ont assuré qu’ils avaient couché avec une éducatrice. L’un d’eux explique qu’un soir, en juin 2019, alors qu’il avait mal au dos, il a demandé à cette dernière de lui appliquer de la pommade. Le massage se serait transformé en acte sexuel. Un autre jeune aurait aussi eu une relation qu’il aurait filmée. Il aurait par la suite effacé la vidéo.

L’un des éducateurs entendus lors de l’enquête a expliqué que sa collègue proposait « des activités qui sortaient de l’ordinaire », comme ces « heures de détente », « un atelier de soins esthétiques » avec des soins du visage à base de crèmes. Elle aurait aussi mis à disposition son portable aux mineurs afin qu’ils puissent communiquer avec l’extérieur en dehors des heures autorisées.

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2011

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Salariées suspectes remerciées

La missive évoque des « dysfonctionnements mettant en danger les mineurs accueillis, le personnel » et pointe un encadrement qui « ne donne aucune suite à ces situations alarmantes et inacceptables ». Le tract est paraphé par Isabelle Martin. « On se bat pour les salariés et par ricochet, les gamins dont ils ont la charge », assure la déléguée Sud. « Depuis deux ans, la situation n’a cessé de se dégrader. Le turnover est hors normes tout comme l’absentéisme : 37 % l’an passé sans parler d’une vingtaine de démissions et non renouvellements de contrats ».

Parmi le listing des allégations de Sud, des « relations sexuelles » susceptibles d’avoir été entretenues entre professionnels du CEF et des mineurs dont ils avaient la responsabilité. Les deux suspectes _ une chef de service et une apprentie éducatrice – ont été remerciées par REALISE en concertation avec la direction du CEF et la PJJ.

Cannabis

« À ma connaissance, cette chef de service a effectivement eu une relation avec un mineur rencontré au CEF mais lorsque la direction l’a appris, celle-ci s’est séparée de son cadre », confirme Benoît Berthélémy, directeur territorial de la PJJ à Nancy. « Concernant l’apprentie, son comportement était équivoque. Elle a été écartée au bout de trois semaines. Non, à ma connaissance il n’y a pas eu de dépôt de plainte à propos de ces deux cas. L’urgence était de les écarter. Cela a été fait ».

Tant pour Florise Mercier, directrice du CEF depuis sept ans que pour Nicole Charpentier-Bajic, directrice générale de REALISE, il s’agit là « d’une faute éthique et professionnelle mais je n’ai pas constaté de relation sur le lieu de travail », précise Florise Mercier. Une troisième salariée a également été enjointe de quitter Tonnoy après introduction de cannabis dans l’institution. « Elle avait apporté du shit à un mineur », reconnaît Florise Mercier. « Cela a donné lieu à une note d’incident, elle a été licenciée pour faute grave. Les faits ont été dénoncés au parquet qui a toute liberté de poursuivre ».

En revanche, aucun signalement à la justice ou à la gendarmerie mais des suspicions internes, néfastes à l’ambiance de travail, après le vol d’une enveloppe contenant 3.000 € à 4.000 € dans un coffre verrouillé de l’établissement.

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