Fdesouche

Si les relations pair à pair comportent des bénéfices, elles ne diminuent pas la puissance de certains stéréotypes et la discrimination qui en résulte. Nous avons mené une expérience, en 2017, en créant 40 profils fictifs de locataires, émettant des demandes de location auprès de 4 000 hôtes d’Ile-de-France. Identiques en tous points, ils différaient uniquement par le sexe et le prénom. Les profils avec un prénom féminin à consonance française ont reçu 70 % de réponses positives, les profils avec un prénom masculin à consonance française 57 %, les profils au prénom féminin à consonance arabe 54 %, les profils masculins à consonance arabe 41 %…

(…)
Nos analyses sur les hôtes Airbnb mènent au même constat : les hôtes au prénom à consonance arabe subissent respectivement une décote de 15 % pour les femmes et de 19 % pour les hommes sur le prix de location, et de 4 et 5 % sur le nombre de jours loués, qualité et localisation des logements étant égales par ailleurs. Airbnb reconnaît le problème dans un rapport de 2016, mais refuse de donner accès à l’historique informatique des transactions de chaque usager, empêchant ainsi l’identification et la poursuite pénale des actes de discrimination. L’y contraindre serait une solution de bon sens.

Le Monde

Fdesouche sur les réseaux sociaux