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Notre correspondante dans le Nord a formé aux médias de jeunes Roubaisiens scolarisés en REP+. Retour d’expérience, entre complotisme et bonnes volontés.

«  Madame, les gens qui achètent le journal, ils sont trop pauvres pour avoir une télé  ?  » Le timbre, fluet, est celui d’une élève de sixième. Sa question est totalement dénuée de malice. Elle attend une réponse, les yeux ronds, cheveux emmêlés. Et reprend : «  Comment vous faites pour fabriquer les rumeurs que vous écrivez dans le journal  ?  »
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On le sait peu : Roubaix est belle, vivante, pleine de contrastes et de nuances. L’ancienne «  ville aux mille cheminées  » est aussi celle aux cent nationalités. Par vagues successives, de nombreux immigrés s’y sont installés avant la crise de l’industrie textile et les premières fermetures d’usines, dans les années 1970. Aujourd’hui, ses jeunes rêvent massivement de la quitter. «  Il n’y a rien à faire, ici… Pour aller où  ? Franchement, n’importe  !  » assure une collégienne sans ciller.
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«  RSA, ça veut dire revenu pour sale arabe  ?  » m’interpelle un lycéen, un matin de janvier. Il est tunisien, et c’est ce qu’on lui a dit. «  Revenu de solidarité active  », corrige son professeur, effaré de tant de crédulité. «  Tu es né en France : tu es français, pas tunisien  », ajoute-t-il enfin.
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Elle me tend son agenda pour que je griffonne un petit mot sur la page de garde, en souvenir. Puis souffle : «  Vous n’oublierez pas de parler de nous, hein  ? À Roubaix, on dit toujours qu’il n’y a que du mauvais. Maintenant que vous connaissez, vous savez que ce n’est pas 100  % vrai…  »

Récit intégral disponible chez Le Point

https://www.fdesouche.com/1311835-le-specialiste-antifake-de-france-info-explique-aux-jeunes-de-mantes-la-jolie-que-le-rappeur-maitre-gims-na-pas-fait-de-pacte-avec-le-diable


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