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Les couches populaires qui se définissaient hier en termes économiques le font aujourd’hui en termes culturels. La question est de savoir pourquoi, s’interroge l’économiste Jean Pisani-Ferry, (Sciences Po, Hertie School de Berlin et Institut universitaire européen de Florence), dans sa chronique au « Monde ». Il a rejoint en 2017 l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron.

Pourquoi le premier ministre britannique Boris Johnson a-t-il réussi à conquérir les circonscriptions rouges des Midlands ? Quelle raison les ouvriers américains ont-ils de soutenir le président américain Donald Trump, dont la politique favorise les riches ? Comment l’ex-ministre de l’intérieur Matteo Salvini, hier champion de l’égoïsme de l’Italie du Nord, a-t-il fait pour étendre son emprise à toute la Péninsule ? Pour répondre à ces questions, il faut comprendre le populisme. […]

En mettant l’accent sur de nouveaux clivages dits culturels – autour des valeurs, de l’immigration, de la nation –, les politistes offrent une perspective alternative. Mais la théorie du contrecoup culturel de Pippa Norris et Ronald Inglehart (Cultural Backlash. Trump, Brexit, and Authoritarian Populism, Cambridge University Press, 2019, 554 p., 28,53 euros), qui voit dans le populisme l’effet du raidissement de catégories sociales traditionnelles bousculées par les mutations, ne permet pas de comprendre pourquoi tant d’électeurs sont passés sans coup férir d’une définition économique à une définition culturelle de leur identité.

[…] Yann Algan et ses coauteurs voient dans le populisme l’effet d’une désocialisation. La désagrégation de la société de classes aurait laissé les individus en déshérence […]

Le Monde


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