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Abnousse Shalmani publie un vibrant « Éloge du métèque », une ode à la liberté qui fustige l’obsession identitaire autant à gauche qu’à droite.

J’ai compris que je ne serai jamais totalement française. J’assume ce métissage culturel.

En cette époque obsédée par les identités, voilà un antidote réjouissant. Dans Éloge du métèque (Grasset), Abnousse Shalmani rend un vibrant hommage à la figure de l’étranger. On y croise Romain Gary, Hercule Poirot et Salman Rushdie, et tous ces exilés libres ayant fait des pieds de nez aux racistes comme aux communautaristes. La romancière et journaliste, qui a fui l’Iran de Khomeyni avec ses parents en 1985, y parle aussi beaucoup d’elle-même, confirmant sa voix singulière entre une droite qui ne voit le métèque que comme un grand-remplaciste en puissance et une gauche pour qui il est une éternelle victime. […]

Et si on parle de l’islam, il faut quand même avoir conscience que le problème ne vient pas des immigrés, mais des Français de la deuxième ou troisième génération. Les nouveaux venus bossent et rapportent de l’argent à la France, comme le montrent les études des économistes. De tout temps, l’immigration a toujours été une épreuve à court terme, et une chance à long terme. Hélas, nous sommes aujourd’hui coincés dans le court terme.

Vous critiquez aussi la gauche, qui ne voit dans les immigrés que d’éternelles victimes…

[…] Sur la perception du métèque, gauche ou droite se valent. Entre les types à droite qui renient mon existence simplement parce que je suis étrangère et ceux à gauche qui se bouchent le nez, car je ne corresponds pas au cliché de l’immigrée, c’est dur. […] Pour moi, cela n’est pas un hasard si les attentats du 13 Novembre ont visé le 11e arrondissement. Ils ont attaqué ce métissage social et ethnique. J’ai longtemps cru que j’avais fantasmé ma jeunesse, mais pas tant que ça en réalité. […]

Le Point


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