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En juillet 2019, en marge de l’affaire de Rugy, le sandwich turc alias kebab allait être l’objet d’une violente joute politique. Les propos tenus par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye (« Nous sommes tous conscients que tout le monde ne mange pas du homard tous les jours. Bien souvent on mange plutôt des kebabs ») suscitèrent une avalanche de réactions. Jean-Laurent Cassely, Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach ont alors sillonné la France pour mesurer réellement la présence du kebab en France, qui apparaît comme l’un des derniers sandwiches populaires, mais aussi le révélateur de la crise des centres-villes.

La nouvelle passe d’armes est venue allonger la longue liste des affrontements et des cas d’instrumentalisation du kebab dans le débat politique français. Ainsi, à peine deux mois auparavant, Benoît Hamon, alors en campagne pour les élections européennes, avait posté une vidéo de lui en train de manger un kebab dans un restaurant de Béziers, vidéo accompagnée du message suivant : « Spéciale dédicace, en direct du meilleur kebab de Béziers, à Robert Ménard, Marine Le Pen, Jordan Bardella, Éric Zemmour. Vive la diversité culinaire. Vive la diversité culturelle. Vive la diversité. » Robert Ménard lui répondit du tac au tac : « Pour Benoît Hamon, être rebelle c’est manger un kebab à Béziers. Qu’il s’offre un saucisson pinard à Raqqa, et après on en reparle. »

I – Le kebab, un sandwich (et un commerce) communautaire ?

II – La dimension politique du kebab : « gastronationalisme » et « grand remplacement » culinaire

III – Le kebab, révélateur de la crise des centres-villes

IV – Le kebab, dernier sandwich populaire ?

V – Sociologie de l’implantation des kebabs sur le territoire : trois études de cas

VI – Conclusion : le tacos, un nouveau kebab ?

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