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[…] Depuis plus d’un an, à Marseille, des demandeurs d’asile nigérians originaires du sud du pays (Etat d’Edo) sont victimes d’attaques à l’arme blanche – couteau et machette principalement – et de racket diligentés par certains de leurs compatriotes appartenant à des «gangs», dont celui des «Bérets bleus». Ces confraternités étudiantes dites «cultistes», nées dans les années 50 et 70, sont devenues des mafias très violentes au Nigeria. Avec des rites initiatiques qui le sont tout autant: passage à tabac pour les hommes, avec cautérisation des blessures à l’alcool afin de les marquer à vie, et viols collectifs pour les femmes.

Dans le pays, ces mafias se partagent les réseaux de traite, de vente de drogues dures et de vol organisé. Avec le flux migratoire, elles se sont exportées à Marseille où, en deux ans, les Nigérians sont devenus les premiers demandeurs d’asile, avant les Algériens et les Albanais. […] Cette mafia rackette aussi d’autres nationalités, le plus souvent originaires de pays africains anglophones, en leur extorquant leurs allocations pour demandeur d’asile (ADA) de 400 euros par mois.

«Au Nigeria, les candidats à l’exil sont approchés par les Bérets qui leur proposent de les acheminer vers l’Europe. Pour certains, ils ont donc une dette à rembourser», explique l’avocat Victor Gioia, qui défend de nombreuses victimes à Marseille. Il dit avoir déposé plus d’une cinquantaine de plaintes depuis l’an dernier. Les Nigérians qui débarquent trouvent facilement du travail au noir dans le BTP ou à la plonge. «Les Bérets les “coupent” aux membres et aux articulations pour qu’ils perdent leur force de travail afin de pouvoir ensuite les enrôler plus facilement dans le trafic ou le vol», explique l’avocat […].

Libération

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