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Gérard Longuet, sénateur LR de la Meuse et ex-ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, revient sur la crise de la droite et l’élection du chef des Républicains.

[…] La rentrée de la droite s’est faite en ordre dispersé. Qu’ont encore en commun les leaders de LR ?

C’est une très bonne question [léger sourire]. En réalité, le fait présidentiel écrase la vie politique. En particulier depuis le quinquennat. Toute formation qui n’a pas clairement un dispositif présidentiel se trouve, devant l’opinion, parfaitement affaiblie. Disparaît-elle pour autant ? Non. Car reste un fonds commun de convictions : l’adhésion à l’économie de marché, la construction européenne, l’indépendance nationale ou l’héritage de la Ve République. Mais nous ne sommes aujourd’hui pas en mesure de l’exprimer très clairement par rapport au pouvoir présidentiel. […]

Vous évoquez la sensibilité libérale, européenne… Mais n’est-elle pas déjà chez Emmanuel Macron ?

Oui, c’est vrai. Les électeurs modérés y trouvent leur compte. Si LR ne réintègre pas cette sensibilité, on ne fera que pousser les autres héritiers de cette sensibilité à rejoindre le président de la République. Et Emmanuel Macron ne demande rien à personne. […]

Pour 2022, comment la droite doit-elle se positionner face à Emmanuel Macron ? Quelles thématiques doit-elle investir ?

La thématique principale, c’est la réalité de la réforme. Pour l’instant, il serait honnête de dire que l’on va dans le bon sens, mais pas dans un rythme suffisant, notamment dans la dépense publique et sociale. Le problème français, c’est le financement des retraites, la durée du travail et le ratio très défavorable entre actifs et inactifs. Donc, il y a de vraies réformes de fond à mener. […]

Pourquoi Les Républicains ne doivent-ils pas faire une alliance avec le Rassemblement national ?

En politique, la force d’un message, c’est la cohérence. Le RN est d’abord incohérent lui-même et est incohérent par rapport à ce que nous pensons. Nous croyons à la construction de marché, pas le Rassemblement national ; on croit à l’économie de marché, pas le Rassemblement national ; on ne croit pas en la sociale-démocratie, le Rassemblement national de Marine Le Pen, c’est du péronisme. Elle pense que l’État peut tout contrôler.[…]

Le Point

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