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“Matteo Salvini est ridicule, et Luigi Di Maio aussi.” Parole, ou même sentence de Bernard-Henri Levy, l’intellectuel le plus célèbre et le plus puissant de France. Ce n’est pas qu’un détail, car comme avec Mitterrand et Sarkozy, il est aujourd’hui l’un des conseillers les plus écoutés du président Emmanuel Macron. Les jugements de BHL peuvent donc aller jusqu’à affecter les relations entre Paris et Rome comme cela s’est passé ces dernières semaines.

Levy attaque durement le gouvernement de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles : “Il se montre tout le temps déguisé en pompier ou en policier” – dit-il de Salvini -, “je le trouve affligeant. Et je suis convaincu qu’à long terme, cela génère des tensions et de l’insécurité.” Idem pour Di Maio: “Il agit d’une manière totalement démagogique. Avec son côté de petit César qui rêve de sa mini-guerre gauloise contre la France, je le trouve assez ridicule.”

L’intellectuel, symbole de la gauche caviar, rêve de la fin du “gouvernement xénophobe” italien (“Il arrive que le peuple vote fasciste, désire le fascisme, parle fascisme. Et quand cela se produit, c’est aux élites de donner l’alerte”). Il suggère qui devrait remplacer les dirigeants actuellement au pouvoir.

Il aime Matteo Renzi [NDLR : politicien du Centre gauche dont les parents viennent de se faire arrêter pour faillite frauduleuse] (“Le seul leader européen qui parle de Kant et Dante dans ses discours politiques, je pense qu’il sera réhabilité rapidement”), Carlo Calenda (centre gauche), le maire de Milan Giuseppe Sala (centre gauche) et, surprise, le commandant Gregorio De Falco, sénateur exclu du Mouvement 5 étoiles, “celui qui s’oppose aujourd’hui à la politique anti-migrant de Salvini“.

Lévy, vous dites que l’Europe est en danger face aux succès du nationalisme. Quelle Europe ? Celle de l’UE ?

“Non, l’Europe en général. Le rêve de Dante et Goethe. L’idée d’un continent ouvert à la beauté du monde, à sa connaissance, à sa diversité. L’idée cosmopolite qui est une idée européenne et qui est balayée. Partout, l’esprit de clocher, la haine du migrant, l’antisémitisme, l’égoïsme, l’addiction au mensonge prévalent. Je déteste ça. Je m’y oppose. C’est pour raconter l’histoire de cette lutte que je fais cette tournée en Europe et cette tournée m’emmènera aussi en Italie, d’abord à Milan, puis à Rome.” […]

 

(Traduction Fdesouche)

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