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Sans surprise, le conseil européen de la semaine dernière a une nouvelle fois repoussé la réforme de l’asile et l’immigration. Il s’agit d’un ensemble de sept textes européens, dont cinq ne posent pas de problème particulier et « permettraient d’améliorer significativement la situation aux frontières de l’Europe », précise-t-on à Bruxelles. La question était donc posée de savoir si l’on pouvait disjoindre les cinq textes pour lesquels les 27 sont d’accord des deux autres, plus problématiques.

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C’est le Grec Alexis Tsipras qui est sorti du bois et s’est fortement opposé à l’adoption formelle des cinq textes déjà approuvés. La Grèce, la plus exposée aux flux migratoires, ne souhaite pas que l’Union organise mieux l’accueil des réfugiés et la gestion de ceux qui trichent avec les règles. Et Viktor Orbán, le chef du gouvernement hongrois, s’est joint à lui. Pour des raisons diamétralement opposées !

Tsipras n’a pas joué le jeu, car il souhaite, à terme, l’adoption des sept textes tandis qu’Orbán refuse toujours le moindre principe de solidarité entre les Européens sur la question migratoire. Le tour de table a montré qu’aucune majorité ne se dégageait vraiment. La présidence autrichienne n’a donc pas réussi à faire avancer la réforme de Schengen et de l’asile d’un pouce en six mois. Ceux qui ne jouent pas le jeu collectif retiennent en otages cinq directives qui apporteraient un début de solution de manière à conserver un levier sur les deux textes les plus controversés portant sur la révision du règlement de Dublin III. C’est un jeu politique terrible qui consiste donc à laisser l’Union dysfonctionner pour pouvoir faire pression sur les voisins.

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