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La coalition au pouvoir en Estonie est au bord de l’effondrement, en raison du désaccord des deux partenaires minoritaires concernant le Pacte des Nations Unies sur l’immigration

Après l’échec des négociations cette même semaine dans la Lettonie voisine, l’Estonie est le deuxième pays balte à succomber à l’instabilité politique quelques mois seulement avant la tenue de prochaines élections. Ces conflits mettent également en lumière le fait que l’immigration est en train de devenir un thème majeur partout en Union Européenne et au-delà.

Le Premier ministre Juri Ratas s’entretiendra samedi avec les chefs des deux partis minoritaires, les sociaux-démocrates et le parti conservateur Isamaa, afin de tenter de garder le gouvernement intact pour qu’il puisse faire passer le budget de l’an prochain […]. Il avait déclaré vendredi que la coalition tripartite était “en très mauvais état” après que les sociaux-démocrates avaient demandé la démission du ministre de la Justice, Urmas Reinsalu, du parti Isamaa.

La Présidente Kersti Kaljulaid a critiqué jeudi la coalition gouvernementale au pouvoir depuis deux ans, pour avoir succombé à “l’hystérie” avant les élections de mars prochain. Bien que l’immigration n’ait pas été un thème de la campagne actuelle, l’opposition à l’accord de l’ONU venue de pays tels que les Etats-Unis a trouvé écho dans certains médias, ainsi que chez le parti anti-immigration EKRE le mois dernier.

Les Estoniens arrivent régulièrement en tête de ceux qui considèrent l’immigration comme le plus gros problème de l’EU, avec 62% de réponses allant dans ce sens lors d’un sondage de mars dernier, devant les Tchèques et les Hongrois.

Le Parti du centre d’où est issu le Premier ministre, et qui repose sur le soutien des Russes ethniques, ceux-ci représentant environ un quart des 1,3M d’Estoniens, se partage la tête des sondages d’opinion avec le parti d’opposition Parti de la Réforme. EKRE est troisième, tandis qu’Isamaa peinait ces derniers mois à atteindre le seuil électoral des 5%.

[…] Reinsalu avait refusé de démissionner vendredi plus tôt dans la journée, estimant que le Pacte de l’ONU pouvait avoir des conséquences légales pour l’Estonie, qui a d’après lui mené une politique migratoire “conservatrice”, “afin de préserver l’Etat-nation estonien.” Il a cité l’exemple des Etats-Unis et de six gouvernements de l’Union Européenne, qui avaient déjà refusé de rejoindre le traité.

Bloomberg

 


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