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En Amérique latine, les flux migratoires ont toujours existé et ne sont pas des événements inquiétants. Prétendre le contraire, soutient le démographe chilien Jorge Martinez Pizarro :, c’est occulter les crises du capitalisme ou des démocraties dans un monde marqué par les inégalités. Il porte un regard critique sur les politiques de restriction qui jouent sur les peurs primitives des communautés locales et se contentent de réponses simplistes, quand ces flux pourraient être perçus comme une opportunité pour les pays d’accueil.

Jorge Martinez Pizarro travaille au Centre latino-américain et caribéen de démographie de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes, un organisme qui dépend des Nations unies.

Avec un million de migrants dans les années 1980, le Venezuela était le deuxième territoire d’immigration, après l’Argentine, du sous-continent. Quand la tendance s’est-elle inversée ?

Le Venezuela était un pays attractif pour les migrants jusqu’à la fin des années 1990, grâce au boom pétrolier qui avait entraîné une offre de travail abondante et des conditions de vie qui rappellent celles dispensées par certains pays arabes du Moyen-Orient. La crise économique a ensuite poussé les Vénézuéliens à partir en masse [en particulier depuis 2015], suscitant une grande incertitude chez les gouvernements des pays d’accueil sur la réponse à apporter à ce flux.

La Colombie, l’Equateur ou le Pérou ont pris des mesures restrictives en exigeant des migrants vénézuéliens qu’ils soient porteurs d’un passeport.

Chaque pays est souverain pour apporter les réponses qu’il juge pertinentes, mais l’histoire montre que les mesures de restriction n’ont jamais fonctionné. Il existe des accords régionaux et internationaux qui soulignent la nécessité de coopération entre pays et d’inclusion sociale des migrants. […]

Le Monde


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