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A Chilly-Mazarin, dans l’Essonne, des enfants hébergés par le Samu social se sont vu refuser une inscription dans les établissements de la ville. Depuis la rentrée, les familles (demandeurs d’asile, réfugiés…) se battent pour leur scolarisation.

Il a retrouvé de l’assurance.

«En France, les enfants vont à l’école. Chilly-Mazarin, c’est la France ou c’est pas la France ?» Joseph, 45 ans, se tient droit, les bras croisés.

Il a fui son pays – il était membre actif de l’opposition politique en république démocratique du Congo et électricien de métier. Demandeur d’asile, il est logé dans une chambre d’hôtel prise en charge par le Samu social dans l’Essonne, à Chilly-Mazarin. Il dort avec ses trois enfants : Herik, 10 ans, Souverain, 9 ans et Angélique, 7 ans. «Je suis papa et maman à la fois», résume-t-il. […]

Dans la chambre voisine, Makanda est aussi dans la panade avec son fils Patrice, 7 ans, qui tourne en rond. Elle avait quand même réussi par avoir le nom d’une école à Ballainvilliers, à «55 minutes de bus». Quand elle arrive dans le bureau de la directrice pour son inscription, celle-ci demande : «Mais comment vous allez faire pour l’amener et le chercher, avec tout ce trajet ?» Makanda raconte cela, assise sur le lit superposé de l’hôtel, son bébé de 5 mois assoupi à ses côtés. Elle fait non de la tête. […]

Autre coup classique, selon l’association : les refus de scolarisation en maternelle, au motif que l’école n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans. «A chaque fois, on se bat. Parfois, il faut en appeler au Défenseur des droits. Il faut recommencer sans cesse», témoigne Béatrice Michel, membre de l’association.

Cette rentrée, le bras de fer a pris une autre tournure. Au printemps, le maire de Chilly-Mazarin a alerté la préfecture. «Nos écoles sont saturées, nous n’avons déjà quasi plus de place pour les enfants des Chiroquois. C’est bien de vouloir accueillir tous ces gens en difficulté mais les villes se retrouvent à gérer seules. Cette situation, on ne l’a pas voulue.» L’édile explique qu’au début de son mandat, en 2014, il y avait trois enfants scolarisés venant des hôtels. «Puis les demandes n’ont cessé d’augmenter, on s’est retrouvé avec 37 enfants, vous imaginez ?» Il marque un temps, puis ajoute : «C’est facile de montrer du doigt en disant ‘le vilain maire’. Mais l’Etat devrait aller au bout de sa démarche.» […]

Libération

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