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Le professeur Johan Martinsson explique, dans une tribune au « Monde », que le décalage entre l’opinion publique et les responsables politiques suédois sur la question des réfugiés a largement contribué au succès du parti nationaliste.

Tribune. Les élections législatives du 9 septembre en Suède devraient faire date à plusieurs titres. Les sociaux-démocrates pourraient réaliser leur plus mauvais score depuis que le pays est une démocratie. La plupart des sondages les créditent de 22 % à 26 % des suffrages, alors qu’ils en obtenaient habituellement autour de 45 % il y a quelques décennies. Avec la montée des Démocrates de Suède (SD), le parti nationaliste et anti-immigration qui pourrait dépasser la barre des 20 %, aucun des blocs traditionnels de la politique suédoise ne peut espérer détenir une majorité de sièges au Parlement dans un avenir proche.

Les Démocrates de Suède avaient recueilli à peine plus de 1 % des voix en 2002 et n’ont fait leur entrée au Parlement qu’en 2010. Comment se fait-il qu’une formation appartenant à la même famille idéologique que le Rassemblement national en France et que beaucoup classent encore à l’extrême droite et qualifient de parti populiste, voire raciste, progresse d’élection en élection en Suède ?

Il faut dire que, lorsque le parti a été fondé en 1988, beaucoup de ses membres entretenaient des liens étroits avec les milieux racistes et suprémacistes blancs suédois. Son premier dirigeant avait milité auparavant dans un parti ouvertement néonazi. Une bonne partie de la population suédoise serait-elle devenue raciste ou antidémocratique ? Non. Les Démocrates de Suède ont beaucoup changé depuis dix ans sous l’impulsion de leur actuelle direction et se sont efforcés de se défaire de leur image de parti raciste et de rompre avec leur passé sulfureux.

Un parti anti-immigration, nationaliste et europhobe

A la faveur de plusieurs scissions, les éléments les plus radicaux ont quitté les SD pour fonder leur propre organisation. Dans le programme actuel du parti ne subsiste plus aucune trace de racisme. On pourrait définir aujourd’hui les SD comme un parti anti-immigration, nationaliste et europhobe. On décèle aussi chez…

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