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Un hommage est organisé mercredi 8 août pour Adrien Perez, assassiné à Grenoble le 29 juillet dernier par Younes et Yanis El Habib.

Des “faits divers malheureux qui se sont succédé”, relativise Laurent Mucchielli, sociologue et directeur au CNRS, qui pointe le manque de structure d’aide psychosociales pour les jeunes pris dans des cercles de violence.

Peut-on dire qu’il y a une recrudescence des crimes dans la région ?

Je dirais qu’on n’en sait absolument rien en réalité, donc il faut éviter de raconter trop de choses à ce sujet-là. En l’occurrence, il y a eu deux faits divers malheureux qui se sont succédé. Mais il faut rappeler quelques données de cadrage : chaque année en France, il y a environ 800 homicides, qui sont pour la plupart des bagarres de jeunes hommes ou des violences conjugales et familiales, qui sont autant de faits divers douloureux et dramatiques mais qui n’ont rien de nouveau. Et ce n’est certainement pas la succession de deux faits qui suffit à dire qu’il y a une quelconque flambée particulière. Encore une fois il y a 800 homicides par année donc potentiellement presque trois par jour, ce qui est peu. La France est un des pays les plus tranquilles au monde en réalité.

D’un point de vue social, manque-t-il des structures pour aider les jeunes qui sont pris dans cette spirale de violences ?

D’un point de vue psychosocial, même. Quand on étudie le parcours de ces jeunes qui ont été auteurs de violences diverses et variées, moi je l’ai fait avec mon équipe il y a deux ans sur la ville de Marseille, on rencontre un cumul de facteurs, un cumul de fragilités, qui sont autant d’indications sur là où on pourrait agir. Alors il y a souvent des violences intrafamiliales, avec des jeunes qui ont été eux-mêmes issus de familles très perturbées voire violentes. Et en France on ne sait pas très bien gérer non plus la détection et la prise en charge des violences intrafamiliales. Ensuite il y a beaucoup d’échecs scolaires, c’est même le premier facteur statistiquement chez ces jeunes. Donc c’est également quelque chose sur laquelle il y a des carences évidentes en France. Et puis il y a ce cumul ensuite avec l’absence d’insertion sociale, ce qui est évidemment un encouragement pour aller participer aux économies parallèles comme les trafics. C’est le cumul de ces facteurs qui fabrique certains jeunes en difficultés et qui potentiellement peuvent être dangereux pour les autres. […]

news.yahoo.


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