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  • Benoît Genecand, conseiller national PLR

Le cinéaste Fernand Melgar a dit ce que tous pouvaient voir: le deal de rue s’est installé dans quelques villes romandes. A Lausanne, dans son quartier de Maupas. A Genève, dans mon quartier de Plainpalais. Il a été félicité. Il a été engueulé. Mis de côté même par la HEAD, école d’art genevoise qui l’avait invité à donner un cours. Son tort? dénoncer le deal de rue, dénoncer l’occupation de l’espace public par des hommes, jeunes et noirs. Voilà le problème.

Dire homme et jeune, ça passe. Dire homme, jeune et noir, c’est discriminatoire. Doit-on le préciser: constater que les dealers en bas de chez soi sont tous des Noirs ne veut pas dire que tous les Noirs sont des dealers. Cela me rappelle cette pub géniale des loteries qui disait que tous les gagnants avaient tenté leur chance. Sans dire évidemment que, parmi ceux qui tentent leur chance, la plupart ne gagnent jamais rien!

J’encourage les bien-pensants à venir en début de soirée rue du Diorama et à y passer quelques minutes. Ils verront le trafic et ils verront que tous les dealers sont des Noirs. Quel bénéfice tirons-nous à nous interdire de dire ce que l’on peut voir? Qui est raciste? Celui qui dit ce qu’il voit ou celui qui se censure et se refuse à voir le monde en couleur?

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