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Des étudiants et des migrants occupent depuis fin janvier un bâtiment de l’université de Vincennes-Saint-Denis. Après près de cinq mois de lutte, les étudiants n’y croient presque plus, contrairement aux exilés.

Comme une sensation de gueule de bois. Après plus de quatre mois de lutte, les étudiants de l’université Paris-VIII (Vincennes-Saint-Denis), qui occupaient avec près de 150 migrants un bâtiment de leur université depuis fin janvier, craignent de devoir quitter les lieux ce week-end. Sans, disent-ils, que la situation n’ait avancé. «Aujourd’hui, nous faisons le constat amer de la fin de la mobilisation et de l’échec des négociations», a regretté un étudiant du comité de soutien lors d’une conférence de presse, mardi.

Le 30 janvier, des étudiants et soutiens avaient entamé l’occupation du bâtiment A de leur université, historiquement militante, afin d’y loger quelques dizaines d’exilés venus des campements de la Villette (XIXe arrondissement de Paris) et de la Chapelle (XVIIIe arrondissement). Le but : offrir un toit aux migrants, et surtout leur donner une plateforme pour s’organiser politiquement, collectivement, l’occupation permettant de construire un rapport de force avec les autorités. […]

Si certains étudiants ont d’ores et déjà fait savoir qu’ils comptaient se désengager progressivement de l’occupation, et réfléchir à d’autres façons de mettre en pratique leurs «positions antiracistes», côté migrants, «on va rester là. On ne va pas abandonner, avec ou sans intervention, avec ou sans soutien». Il semble peu probable qu’ils puissent occuper les lieux cet été, lorsque l’université fermera pour les congés. Une trentaine d’exilés reviendront dans tous les cas à Paris-VIII, où ils ont pu s’inscrire pour la rentrée prochaine.

Libération

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