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Dans l’un de ses derniers numéros, le magazine professionnel de l’édition française Livres Hebdo porte sur les fonts baptismaux un nouveau-né parmi les métiers de consultant. Les éditeurs américains lui ont déjà donné un nom : sensitivity reader. En français politiquement correct, un « démineur de polémiques ». Un sensitivity reader « traque dans un manuscrit les projets intériorisés et le langage connoté négativement ».

Nos chaperons orwelliens veillent à ce que le vocabulaire d’un ouvrage mais aussi ses personnages ne puissent pas offenser une communauté « marginalisée par la société ». Harlequin fut, paraît-il, l’un des premiers éditeurs à recourir à cette normalisation communautaire. Un roman publié sous sa sage couverture avait été taxé de « rétrograde ». Les thuriféraires de cette nouvelle pratique ne veulent pas être pris pour des censeurs. Ils disent agir pour le bien des « personnes marginalisées », sur lesquelles continueront à écrire des « auteurs privilégiés ». […]

Les Anglo-Saxons ont inventé l’expression Check your privilege. […] Les nouveaux censeurs attribuent à chacun et chacune d’entre nous une place sur une échelle victimaire. Selon sa graduation, nous sommes plus ou moins fondés à nous dire heurtés par des propos. Et à exiger des sanctions. Comme les trigger-warnings, ces avertissements apposés aux États-Unis sur certaines œuvres pour prévenir le risque de « traumatismes » moraux.

(…) Le Point


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